Séminaire doctoral de MoDyCo

BIENVENUE sur la page du séminaire doctoral du laboratoire MoDyCo.

 

  • Cette année, les organisatrices du séminaire sont : Delphine Battistelli et Frédérique Sitri.
  • Cette page est en cours d'élaboration : toutes les informations concernant certains séminaires seront publiées prochainement.

 

SÉMINAIRE DOCTORAL 2014-2015

 

La prochaine séance du séminaire doctoral du laboratoire MoDyCo, de l'Ecole Doctorale 139 et de l'Ecole Doctorale 180 aura lieu le :

Mardi 19 mai 2015, 11-13h, salle A304

Corpus linguistiques: enseignement et apprentissage du français (FLS, FLE)

Séance organisée par J. Delahaie

 

Juliette DELAHAIE (Maître de conférences, MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

Des corpus d’interactions verbales pour l’enseignement du FLE

Depuis le Cadre européen commun de référence pour les langues (2000), les interactions verbales sont au cœur de l’enseignement/apprentissage du français langue étrangère (FLE), et l’approche interactionnelle s’est inspirée des travaux de nombre de chercheurs interactionnistes, à la fois français (Kerbrat-Orecchioni et Traverso notamment) et anglo-saxons. Cependant, l’exploitation de données interactionnelles reste encore souvent à l’état d’expérimentation en didactique du FLE, et nous voudrions montrer quelles analyses linguistiques, pertinentes pour l’enseignement des langues, peuvent être faites à partir de corpus d’interactions.

Nous commencerons par faire un état des lieux des ressources existantes, aussi bien en matière de corpus qu’en ce qui concerne la pédagogisation des données pour l’enseignement. Nous montrerons ensuite que les corpus différentiels (natifs/non-natifs, ou multilingues) permettent de mettre au jour des phénomènes langagiers, notamment liés à la co-construction de l’interaction, qui intéressent l’apprenant de langue. Nous prendrons l’exemple des introducteurs thématiques et des marqueurs d’accord. Enfin, nous aborderons la question de la pédagogisation des corpus d’interactions verbales et de leurs analyses linguistiques pour le cours de FLE. Au-delà de l’utilisation de corpus de données authentiques en cours de FLE (Boulton : 2009), nous soutiendrons que toute exploitation de données en classe doit être accompagnée d’une recherche, actuellement quasi inexistante, sur l’élaboration de dialogues-modèles à partir de l’analyse détaillée d’interactions verbales.

 

Références

BOULTON, A. (dir.) (2009) : Mélanges CRAPEL 31, « Des documents authentiques oraux aux corpus: questions d’apprentissage en didactique des langues ». http://revues.univ-nancy2.fr/melangesCrapel/

CONSEIL DE L’EUROPE (2000) : Un cadre européen commun de référence pour les langues. http://www.coe.int/t/dg4/linguistic/source/framework_FR.pdf

DELAHAIE, J. (2009) : « Voilà le facteur ou voici le facteur ? Etude syntaxique et sémantique de voilà », Cahiers de lexicologie, 2009/2, p.43-58.

FLAMENT, D. (2009) : « Sinon marqueur énonciatif pour parler salaires et plus si affinités », Langue française, 161, p.81-96.

 

Tony ONGUENE METE (Doctorant, MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

Verbe de base et enseignement du lexique des procès en L2

Le lexique des verbes des collégiens camerounais sera abordé selon le point de vue : linguistique, acquisitionnel et didactique.

Dans le plurilinguisme, le français est, pour une partie des jeunes, une langue cible et une langue de scolarisation. Tôt, il est acquis naturellement avant l’entrée à l’école et plus tard, il est acquis conventionnellement dans cette institution. Du fait de leur âge(10-15ans), le lexique des procès ces pré-adolescents et adolescentsest encore peu fourni, alors même qu’il est soumis à l’influence des langues autochtones ou L1. Cette restriction lexicale les conduit à recourir à une catégorie de verbes polysémiques et généraux, des verbes de base,dans le but de résoudre leurs problèmes de communication. Or, les enseignants du français langue de scolarisation, (FLS) sanctionnent l’usage récurrent de ces lexèmes, jugeant qu’ils sont la manifestation d’une indigence lexicale. Ils souhaiteraient que chaque apprenant de L2 sélectionne dans son répertoire de verbes, le prédicat juste à appareiller à la visée communicative. Voilà pourquoi cette communication dans son volet didactique,propose de ne pas éliminer mais de prendre en compte les verbes à tout faire dans l’enseignement du vocabulaire en L2. Dans le versant acquisition, l’exposé suggère de rendre compatible tout enseignement du lexique des verbes français aux processus généraux d’acquisition, sans ignorer l’influence des langues du milieu. Enfin, pour le volet linguistique, l’enseignement du des verbes pourrait être calquésur leur organisation en langue : on peut partir d’un ensemble de verbes génériques et polysémiques, (hypéronymie), pour enrichir le stock lexical  des procès avec des verbes plus précis, (méronymie).

Références

BORILLO A(1998).  L’espace et son expression en français, Paris, Ophrys.

BRANCA S. & GARCIA-DEBANC C. (2001) « L’avant-texte à l’école primaire. Quelques jalons de 1850 à nos jours », dans FENOGLIO I. & CHANQUOY L. Avant le texte : les traces de l’élaboration textuelle, Langue Française155, Septembre 2001, 35-50

DUVIGNAU, K. (2003) :     « Métaphore verbale et approximation », Revue d’intelligence artificielle RSTI série RIA – Volume 17 – n° 5-6/2003, Paris, Hermes-Lavoisier, 869-881

DUVIGNAU, K. (2005)       « Pour un apprentissage-enseignement du lexique verbal calquésur l’acquisition : revisite et apport des « métaphores/erreurs » des enfants de 2- 4 ans ». InGrossmann, F., Paveau, M.-A., Petit, G. (Eds.) Didactique du lexique : langue, cognition, discours, Grenoble

DUVIGNAU K., GARCIA-DEBANC C. (2008): «Un apprentissage du lexique verbalpar proximité sémantique : quand la représentation

lexicale facilite la tâche d’écriture » inGrossmann F. & Plane S. Les apprentissages lexicaux. Lexique et production verbale,Lille, Presses universitaires Septentrion, 17-41

KIHLSTEDT M (2005) :       Didactique du lexique : langue, cognition, discours. ELLUG, Grenoble In Grossmann, F., Paveau, M.-A., Petit, G. (Eds.)

LEVELT W.J.M. (1989):       Speaking: from intention to articulation, Cambridge, MA: MIT Press.

NOYAU C. (2003)« Le lexique verbal dans des restitutions orales de récits en françaisL2 : verbes de base, flexibilité sémantique, granularité ». in Grossmann, F., Paveau, M.-A., Petit, G. (Eds.) Didactique du lexique : langue, cognition, discours.ELLUG, Grenoble : 65 –84

NOYAU C. (2005)  Processus cognitif de la construction du lexique verbal dans l’acquisition (L1 et L2) in Revue d’intelligence artificielle RSTI série RIA – Volume 17 – n° 5-6/2003, Paris, Hermes-Lavoisier, 799 - 812

PEUVERGNE J. (2005) J., Etude de glissements syntaxiques et  sémantiques dans le parler d’enseignants Togolais de français à Lomé, in K. ploog& B. Rui, eds. Situations de plurilinguisme et enseignement du français en Afrique, (2005), Besançon, Presses de l’Université de Franc-Comté.

VIBERG, A.(2002)   Basic verbs in second language acquisition, revue française de linguistique Appliquée. Acquisition des langues : tendances récentes, 51-69

 

 

La prochaine séance du séminaire doctoral du laboratoire MoDyCo, de l'Ecole Doctorale 139 et de l'Ecole Doctorale 180 aura lieu le :

Mardi 14 avril 2015, 11-13h, salle A405 

« L’implicite dans l’analyse du discours médiatique »

Séance animée par J.-F. Jeandillou avec la participation de L. Ruccella

 

Le non-dit en Analyse du Discours Contrastive

Patricia von Münchow, Université Paris Descartes, SPC, laboratoire EDA (EA 4071)

Dans cette conférence, on présentera les premiers résultats d’une réflexion en cours au sujet du non-dit en Analyse du Discours Contrastive (cf. von Münchow 2009 [2004]). L’objet de l’Analyse du Discours Contrastive est la comparaison de différentes cultures discursives, notion qui recouvre les manifestations/sources discursives des représentations sociales circulant dans une communauté donnée sur les objets au sens large, d’une part, et sur les discours à tenir sur ces objets, d’autre part. Dans cette optique, on met en rapport des documents relevant d’un même genre discursif dans différentes communautés, genre dont il s’agit alors de décrire et ensuite d’interpréter les régularités et les variabilités. On peut dire, en suivant J.-B. Grize (1996 : 63), qu’un document (écrit ou oral) consiste en des traces (marques linguistiques) d’opérations discursives qui permettent à l’analyste de (re)construire les représentations discursives (ou encore les images données à voir dans le discours par l’auteur, individuel ou collectif). Par l’intermédiaire de ces représentations discursives l’analyste peut inférer les représentations mentales de l’auteur (ce qu’il a « dans la tête »). Ces représentations mentales sont influencées par les représentations sociales (cf. Guimelli 1999) en cours dans la communauté en question, tout en pouvant se construire contre ces représentations sociales. Enfin, un document produit de nouvelles représentations mentales chez le récepteur, qui ont à leur tour une influence sur ces représentations sociales, en évolution permanente. C’est en cela qu’à travers les traces des opérations discursives, les représentations discursives et les représentations mentales inférées on a accès aux représentations sociales en cours dans une communauté, toujours de façon hypothétique, bien entendu.

 

On insistera dans un premier temps sur quelques fondements théoriques et méthodologiques de l’analyse du non-dit et notamment sur l’importance de la prise en compte de la dimension socio-cognitive du (des) discours, telle que la définit Grize. Dans ce cadre, on fera dialoguer les positionnements de M.-A. Paveau (2006)  et de T. van Dijk (2009, 2012). En insistant à la fois sur la parenté et sur la différence avec le « préconstruit » de la première version de l’Analyse du Discours Française (Pêcheux, Henry), M.-A. Paveau constitue une liste d’observables permettant de mettre au jour « les contenus des données prédiscursives » dans différents corpus (2006 : 126-128). Dans une perspective plus centrée sur le texte, T. van Dijk (2009), quant à lui, fait émerger les différents contextes pertinents, qui ne sont pas nécessairement linguistiquement observables, mais qu’on peut (et doit, pour pouvoir comprendre ce qui est dit) retracer dans les représentations mentales des interlocuteurs.

 
On s’interrogera ensuite sur la manière dont on peut accéder au non-dit dans et par l’analyse.

À partir de l’analyse de différents genres discursifs, on abordera l’étude du non-dit en distinguant les représentations tellement répandues qu’elles sont devenues « évidentes » à l’intérieur d’une communauté, les représentations dominantes, en voie de constitution ou au contraire en déclin, encore indicibles ou au contraire devenues indicibles, telles qu’elles se transmettent et/ou se construisent dans le discours. Il s’agira enfin de rattacher des procédés d’observation à chaque type de représentations.

 

Références :

van Dijk, T.A. (2009) : Society and discourse. How social contexts influence text and talk, Cambridge, Cambridge University Press.

van Dijk, T.A. (2012) : « A note on epistemics and discourse analysis », British Journal of Social Psychology, 51, 478-485.

Grize, J.-B. (1996) : Logique naturelle et communications, Paris, PUF.

Guimelli, C. (1999) : La Pensée sociale, Paris, PUF.

von Münchow, Patricia (2009 [2004]) : Le journal télévisé en France et en Allemagne. Plaisir de voir ou devoir de s’informer, 3e éd., Paris, Presses Sorbonne Nouvelle.

Paveau, M.-A. (2006) : Les prédiscours. Sens, mémoire cognition, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle.

 

Les visées socioculturelles de l’implicite : le su et l’insu des discours

Fred Hailon (Laboratoire Ligérien de Linguistique)

Concernant mon intervention, je partirais d’une perspective générale autour de la cognition politique (Hailon 2014) pour descendre vers l’implicite. Je propose en cela d’étudier des notions applicables à l’analyse du discours des médias (ADM). L’implicite est selon moi non réductible au linguistique et à sa pragmatique, à un mode de réalisation concomitant qui fait coexister individuel, social et culturel. C’est dans l’entre-individuel, dans l’entre-social que l’implicite trouve sa finalité. L’implicite par l’idéologie est constitutive du sens commun.

Plus précisément, la cognition politique sera étudiée à partir de la notion d’idéologie dans ses différentes acceptions, jusqu’aux tournants cognitifs contemporains. Les acceptions de l’idéologie seront mises en perspectives avec les différents courants français et anglo-saxons de l’analyse du discours (ADF/CDA/CDS/DHA).

Les études idéologiques telles que proposées par les modèles analytiques du discours dessinent, dans les cultural studies, un champ propre aux savoirs socio-individuels de groupe dont l’expression est le discours. Dans cette optique, on abordera l’analyse du discours médiatique (ADM) à partir des notions de méconnaissance, de su et d’insu.

Les savoirs partagés, dont se chargent et portent les discours, sont un espace de négociation, de traduction, de traductibilité et d’appropriation d’un donné culturel à échanger. Le sens, à partir de ce qui se dit, « s’inter-dit », se re-connaît. L’implicite, dans sa dimension cognitive et culturelle, agit ainsi comme interface entre les sujets (de discours) et leur capacité d’être social. En cela, nous évoquerons l’idée d’une cognition sociale interprétée intégrée. L’implicite sera considérée comme l’interprétant d’un donné culturel socioindividuel.

Des exemples, dans des corpus de presse et dans des corpus politiques, mis en regard de l’un et de l’autre, éclaireront les notions en appui aux démonstrations et analyses. 

 

 

 

Mardi 17 mars 2015, 11-13h, salle A405


Variations intra individuelles et développement des compétences narratives des enfants :

Ce que peuvent nous dire les études d’interventions interactives brèves.


Séance organisée par E. Veneziano

 

Edy Veneziano et Christian Hudelot
Promouvoir et évaluer les compétences narratives des enfants : Dix ans de recherches sur les interventions interactives brèves

Un récit ne se développe pas simplement par une multiplication ou une complexification des séquences d’actions ou encore par une multiplication des personnages, mais s’élabore davantage par l’explication des événements, par l’explicitation des motivations et des buts des actions et, plus en général, des états internes des personnages, entrelaçant ainsi l’univers de l’action à celui de la conscience (Bruner,1986 ; Labov, 1972). Les auteurs s’accordent en effet pour dire que c’est la mise en relation entre les événements et leur appréhension du point de vue des personnages qui donne un sens à l'histoire et surtout sa raison d'être racontée (voir par exemple, Berman & Slobin, 1994 ; Berman, 2004 ; Hausendorf & Quasthoff, 1992).
Les travaux qui ont utilisé des histoires en images (sans texte) montre que les enfants de 4-5 ans peuvent raconter des histoires de nature descriptive mais, avant 8-9 ans, ils expliquent peu les événements et se réfèrent peu aux états internes des personnages pour expliquer ou justifier leurs comportements (par ex.,, Aksu-Koç & Tekdemir, 2004; Bamberg & Damrad-Frye, 1991; Berman & Slobin, 1994).
Une des originalités de nos recherches dans la dernière décennie a été d’utiliser des méthodes d’intervention relativement brèves de manière à promouvoir les capacités narratives des enfants, qu’il s’agisse de consolider des compétences émergeantes, de réveiller des compétences restées peu accessibles, ou de solliciter et coordonner différentes compétences dans une même conduite narrative.
Nous présenterons ici un ensemble de résultats qui montrent des changements notables chez les mêmes enfants, face au même type de tâche narrative, et cela à la suite de centrations d’attention souvent brèves qui sollicitent une réflexion de la part de l’enfant sans offrir des solutions de l’extérieur.
La discussion portera sur la signification de ces variations intra individuelles et sur leur importance pour une théorie du développement et pour l’évaluation des compétences.

Mélodie Scalisi (Doctorante, Université Paris Descartes)
Narration et intervention théâtrale : Comparaison d’une intervention unique et d’interventions répétées chez des enfants de 5 à 7 ans

Les études présentées ici portent sur la capacité des enfants de 5 à 7 ans à exprimer les éléments évaluatifs dans des récits produits sur la base d’images sans texte  avant et après avoir participé à des mises en scène théâtrales.
Dans la première étude l’enfant est amené à raconter l’histoire de ‘la pierre sur le chemin’ (composée de cinq images sans texte) avant et après avoir participé à un atelier de théâtre avec d’autres élèves de sa classe, au cours duquel il joue l’un des personnages de l’histoire. Les résultats ont montré que cette intervention a produit, comme les interventions conversationnelles des études précédentes, une amélioration de l’expression de la composante évaluative du récit.
La deuxième étude  a utilisé le même type d’intervention mais de manière répétée (une fois par semaine pendant un mois). Les résultats montrent des effets encore plus importants et cela non seulement dans l’expression de la composante évaluative des récits, mais aussi dans la performance des enfants dans les tâches de théorie de l’esprit (tâche de fausse croyance).
La discussion portera sur l’attrait et l’apport de cette méthode  pour aider les enfants en difficulté dans le cadre scolaire.
 

 

 

Mardi 27 janvier de 11:00 à 13:00
à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense

Bâtiment A - 3ème étage - salle A304
 

 DEVELOPPEMENT MULTIMODAL ET ACQUISITION DU LANGAGE

CHEZ LE JEUNE ENFANT

 

Ce séminaire a pour objectif de presenter des travaux récents qui mettent en evidence l’importance de prendre en compte les modalités non verbales de communication dans l’acquisition du langage chez le jeune enfant, envisagée du point de vue de la pragmatique développementale. Il sera composé de deux interventions proposées par Jessica Barraza-Bizama, doctorante en sciences du langage sous la direction de L. Danon–Boileau à Paris Descartes et Michèle Guidetti, professeur de psychologie du développement, en délégation CNRS à Modyco.

Évaluation de la communication chez l’enfant en termes d’actes de langage.
Stratégies multimodales d’interaction utilisées par l’enfant face à l’adulte
(Jessica Barraza-Bizama)

Parler une langue ou communiquer avec des gestes signifie adapter un comportement déterminé par des règles complexes dans une situation de communication donnée. A chaque fois que le langage n’est pas transparent, les capacités pragmatiques et les éléments non verbaux doivent être mis en œuvre afin que le succès de la communication soit assuré.

Notre recherche porte sur l'occurrence de trois gestes conventionnels: pointage, affirmation et négation (refus) gestuels et la possibilité de distinguer leurs différentes fonctions en prenant en compte la combinaison de ces gestes et les actes de langage en tant que vecteurs de la direction de l'intention, à partir de la classification de Searle et Venderverken (1985). Bien que les éléments verbaux ne soient pas encore tous acquis et bien maîtrisés par l'enfant, il communique et réussit la plupart du temps à se faire comprendre grâce à l'exploitation qu'il fait de composants que nous étudions. Nous serons spectateurs du passage de l'étape pré-linguistique à l'étape linguistique et nous observerons comment l'enfant mobilise toutes ses capacités communicatives pour manifester ses états mentaux et atteindre ses objectifs en utilisant différentes stratégies en interaction avec l'adulte.

Le cadre théorique sur lequel nous nous basons pour analyser les aspects étudiés s'appuie sur les travaux de Searle et Vanderveken (1985) Bernicot et al. (2010), Bruner (2002), Kerbrat-Orecchioni (2001), Poyatos (1994) et Guidetti (2003), entre autres auteurs.

Ce travail utilise une méthodologie qualitative et quantitative pour l'analyse de données. On travaille en deux temps, d'abord on fait une analyse longitudinale, ainsi on observera la production de ces éléments dans les interactions de six enfants entre dix-huit mois et cinq ans. Le corpus est composé de deux tranches d'âge : la première tranche d'âge correspond aux enfants âgés de dix-huit mois à deux ans et onze mois et la deuxième tranche correspond aux enfants âgés de trois à cinq ans. Ces tranches d’âge ont été définies relativement au développement cognitif de l'enfant. Dans un deuxième temps, on fera l'analyse d'un individu de l'échantillon pour rendre compte de l'évolution diachronique des éléments étudiés.

Il nous semble une priorité d'observer la typologie des articulations entre ces éléments gestuels et pragmatiques dans le contexte du développement langagier des enfants tous venants, car ce sont des facteurs qui ont un rôle communicatif bien avant l'émergence du langage. Bien il s'agisse d'un aspect toujours influent dans la recherche sur l'acquisition du langage, la gestuelle en situations quasi-naturelles et son rapport à la fonction pragmatique dans le continuum d'une interaction devient peu à peu un sujet d'actualité et nous proposerons quelques hypotheses en ce sens.

Mots clés : acquisition, pragmatique, actes de langage, éléments paraverbaux, reformulation

Gestes, multimodalité et développement de l’humour chez le jeune enfant (Michèle Guidetti)

Il est relativement nouveau de considérer qu’apprendre à parler c’est aussi apprendre à faire des gestes et produire des mimiques qui vont enrichir le message verbal. On sait maintenant que les gestes du jeune enfant jouent un rôle crucial dans les acquisitions langagières, à l’âge où se met en place un système intégrant paroles et gestes et se manifestant en particulier à travers les combinaisons entre les gestes et les mots. Par ailleurs, la gestualité dans sa dimension coverbale, loin de régresser après l’âge de deux ans, se transforme et continue à se développer tout au long de l’enfance au fil des acquisitions. En grandissant, l’enfant va donc accroître le répertoire de ses modalités communicatives (gestes co-verbaux, gestes pouvant se substituer au langage etc.) qu’il va pouvoir combiner ou non avec le langage verbal. C’est la combinaison de ces différents registres et le choix d’utilisation que l’enfant va en faire qui va caractériser le développement. Enfin, si l’humour constitue un aspect important des interactions sociales, il a pourtant été peu étudié chez le jeune enfant. L’objectif de nos travaux en cours est de contribuer à une meilleure connaissance du développement de la production et de la compréhension de l’humour et de ses précurseurs non verbaux chez le jeune enfant entre 1 et 5 ans dans ses aspects pragmatiques et discursifs.

Nous présenterons des travaux récents (Colletta, Guidetti, Capirci, Cristilli, Demir, Kunene, & Levine, 2015; Guidetti, 2015; Guidetti, Fibigerova & Colletta, 2014) et des travaux en cours sur ces questions et discuterons les points à résoudre pour avancer dans notre connaissance de l’acquisition du langage du point de vue du développement multimodal.

Mots clés : acquisition, pragmatique développementale, gestes, humour, multimodalité

Références bibliographiques

Bernicot, J., Veneziano, E., Musiol, M.& Bert-Erboul, A. (2010). Interactions verbales et acquisition du langage. Paris :L’Harmattan.

Bruner, J. (2002). Comment les enfants apprennent à parler. Paris : Retz

Colletta, J.M., Guidetti, M., Capirci, O., Cristilli, C., Demir, E., Kunene, R., & Levine, S. (2015). Effects of age and language on co-speech gesture production: An investigation of French, American, and Italian children’s narratives. Journal of Child Language, 42/1, 122-145.

Guidetti, M. (2003). Pragmatique et psychologie du développement: Comment communiquent les jeunes enfants. Paris : Belin.

Guidetti, M. (2015). Gestures and multimodal communication: developmental and pathological aspects. In : C. Astesano & M. Jucla (eds). NeuroPsychoLinguistic Perspectives on Language Cognition. Abigdon : Routledge.

Guidetti, M., Fibigerova, K., & Colletta, J.M. (2014). Gestures and multimodal development : some key issues for child language acquisition. In: M. Seyfeddinipur & M. Gullberg (eds). From Gesture in Conversation to Visible utterance in action. (pp. 351-370). Amsterdam, Philadelphia: John Benjamins Publishing Company.

Kerbart-Orecchioni, C. (2001). Les Actes de Langage dans le discours, théorie et fonctionnement. Paris : Nathan.

Poyatos, F. (1994). Comunicacion no verbal I. Cultura, lenguaje y conversacion. Paralenguaje, kinésica e interacion. Madrid : Itsmo

Searle, J., & Vanderveken.D. (1985).Foundations of illocutionary logic. Cambridge, England: Cambridge University.

 

 


 


 

 

 


 

 

 

Séance du : Mardi 25 novembre de 11:00 à 13:00
à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense

Bâtiment A - 3ème étage - salle A304

La séance portera sur
« Langage et psychomotricité » et comprendra les interventions de :

- Alexandrine SAINT-CAST, Psychomotricienne PhD, Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice, " A propos du dialogue tonico-émotionnel"

 

À partir d’une vision interactionniste du développement de l’être humain, du postulat se référant à l’unité du corps et de la psyché, la psychomotricité aborde le développement des capacités à être et à agir de l’individu dans son contexte psychosocial. Dans cette vision intégrée du développement, il est considéré que les interactions psychologiques, perceptives et motrices de l’individu avec son milieu de vie, soumis aux influences environnementales et relationnelles, modèlent ses fonctions psychomotrices, qui sont également dépendantes de sa maturation neurologique (Vaivre-Douret et Khéroua, 2009). C’est par l’activité et l’expérience de son corps que l’enfant développe les capacités, puis éventuellement les compétences, qui lui permettent de se connaître, de connaître son monde, d’y agir et de s’y adapter (Soppelsa et Albaret, 2011).

 

 

- Novélie Rabassa, ISRP et doctorante Modyco, "Entre psychomotricité et langage Etude du lexique émotionnel chez des enfants de 9 à 11 ans présentant des troubles de la régulation tonico-émotionnelle"

Par cette recherche fondamentale, nous avons voulu étayer certaines observations cliniques, faites en psychomotricité, grâce à l’apport linguistique. En effet, la psychomotricité s’intéresse particulièrement au langage du corps et aux émotions qu’il véhicule, grâce notamment, au tonus musculaire. La linguistique s’inscrit parfaitement dans cette continuité de langage des émotions dans la mesure où elle renseigne sur leur structuration orale, et plus particulièrement lexicale. Or, l’expérience clinique auprès d’enfants en tant que psychomotricienne, comme un certain nombre de travaux, suggèrent que les enfants consultant en psychomotricité présentent souvent des troubles de la régulation tonicoémotionnelle et des difficultés pour gérer et verbaliser les émotions. Cette étude vise ainsi à étudier l’utilisation du lexique émotionnel primaire chez des enfants de 9 à 11 ans présentant des troubles de la régulation tonico-émotionnelle. C’est cette proximité entre corps et langage qui est donc questionnée afin d’analyser si un désordre tonico-émotionnel peut être associé à un déficit d’utilisation lexicale des émotions.

 

 


 

 

 

1ère séance : mardi 7 octobre 2014, 13-15h, salle A304

 

Geste, communication : régularités et pathologies

 

Séance organisée par L. Danon-Boileau

 

 

Mary-Annick Morel : La question de la mimo-posturo-gestualité. Régularités

Après une brève mise en place des différentes composantes de la mimo-posturo-gestualité et de la structuration qu'elles organisent dans le flux de la parole continue en dialogue spontané, on montrera à l'aide d'exemples la part importante prise par le regard et les phénomènes de suppléance qui s'opèrent entre les marques du registre de l'intonation et celles propres au geste. On soulignera enfin la place et le rôle décisif de celui qui écoute dans l'organisation du discours de celui qui s'exprime.

 

Laurent Danon-Boileau : La question de la mimo-posturo-gestualité. Pathologie : l'exemple des enfants autistes

Le propos de l'exposé est de répondre à la question suivante : les enfants autistes sont-ils dépourvus de communication gestuelle?

Après avoir donné un bref aperçu des données actuelles sur la pathologie de la communication chez les enfants autistes et sur les signes précurseurs tels que peuvent les révéler les films familiaux, on montrera que, contrairement à diverses idées reçues, il serait faux de dire que l'enfant autiste ne dispose d'aucune communication mimo-posturo-gestuelle. On s'efforcera de montrer en quoi consistent les spécificités de l'abord de sa communication et à quelles difficultés on peut les rapporter. On montrera également quelques aspects du travail pluridisciplinaire qu'implique sa prise en charge thérapeutique. On soulignera enfin l'extrême variété du spectre autistique et la nécessité qu'il y a à établir des différences entre les types de pathologies et au-delà de cela entre les individus, tant il est vrai que si « il n'y a de science que du général, seul le particulier existe » (Aristote).

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIENVENUE sur la page du séminaire doctoral du laboratoire MoDyCo, de l'ED139 et de l'ED180.

 

Programme 2013-2014 

Les séances ont lieu un mardi par mois, de 14h-16h30.

Salle : Salle G-614 (sauf indication contraire), Paris Ouest – Nanterre La Défense

Toutes les séances sont annoncées dans la rubrique Actualités - Séminaire de MoDyCo


 

22 OCTOBRE : « Sémiotique(s)»

Salle G 614

-Gius GARGIULO (MoDyCo-Université Paris Ouest Nanterre La Défense)  : « Le football comme langage entre médiafiction et fictionnement politique »

- Marc ARABYAN (Université de Limoges) : La "sémiotique de la lettre de l'alphabet"

- Pot de rentrée en salle A 407 après le séminaire

Voir les présentations


26 NOVEMBRE : « Questions sur le TAL »

Salle G 614

- Marcel CORI (Professeur émérite MoDyCo- Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

- Ilaine WANG (Doctorante MoDyCo)

 


 

10 DÉCEMBRE : « Philosophes et linguistes parlent-ils vraiment du langage ? »

Salle G 614

Séance organisée par Catherine Camugli-Gallardo (MoDyCo - Université Paris Ouest Nanterre La Défense) avec

Didier BOTTINEAU (Chargé de recherche MoDyCo) & Michel OLIVIER (Université Paris Ouest Nanterre - Département de philosophie)

 


 

21 JANVIER : «Le nom propre»

Salle G 614

- Jean-Louis VAXELAIRE (MCF, Université de Namur): "Les noms propres en tant que faits de texte".

- Agathe CORMIER (ATER à l'Université Paris Ouest, Jeune chercheur associé MoDyCo): "Pertinence de la personne pour l'analyse du nom propre".


 

25 FÉVRIER : « Autour de MPF: quelques exploitations des données d'un grand corpus non-standard» (séance organisée par Françoise Gadet)

Présentation de MPF, Françoise GADET

Paul CAPPEAU (Université de Poitiers)
"Confronter MPF à d'autres corpus : l'exemple de gens"

Sandrine WACHS (Université Paris-3), avec deux thésards de MoDyCo Paris-10: Nawal BOUSSOUIRA et Nacer KACI
"Des relevés lexicaux, pour quoi faire?"

Programme de la séance 


 

11 MARS :Trois perspectives actuelles pour la sémantique lexicale

- Olivier BONDEELLE (Doctorant MoDyCo)"Polysémie et éléments de structuration du lexique wolof: quelques analogies"
- Pierre CADIOT (Professeur Université d’Orléans) "Des propriétés extrinsèques aux motifs"
-René-Joseph LAVIE (MoDyCo) "Les mots français 'instant' et 'moment', une mise en relation avec
l'origo"

 


 

8 AVRIL : L’acquisition de la langue des signes et ses troubles

- Caroline BOGLIOTTI (MoDyCo-Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

- Marion Blondel (Chargée de recherche UMR Structures formelles du langage- CNRS Université Paris 8)

- Laetitia Puissant (Doctorante MoDyCo)



20 ou 27 Mai : Le traitement médiatique de l’information d’actualité

Brigitte JUANALS (MoDyCo-Université Paris Ouest Nanterre La Défense) & Mathilde DE SAINT LEGER (CNRS MoDyCo)

Le nom duDoctorant MoDyCo et de l’intervenant extérieur sera communiqué ultérieurement.


 

17 JUIN : Le marquage linguistique de la référence

Lucie ROUSIER-VERCRUYSSEN (doctorante MoDyCo) & Anne Lacheret (MoDyCo-Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : le marquage intonosyntaxique de la référence dans des corpus de français parlé : questions, hypothèses et première expérimentation

Michel CHAROLLES (Lattice- Université Paris3) : "Les expressions référentielles et anaphoriques : procédures de fixation ou de rattachement des référents et profondeur de traitement".

Catherine SCHNEDECKER (Université de Strasbourg) 


 

ImprimerE-mail