Séminaire "La liaison"

SÉMINAIRE MoDyCo   « La liaison » 2014/2015

Université Paris Ouest Nanterre la Défense

200 Avenue République, 92001 Nanterre

Bâtiment A- salle A407

Laboratoire MoDyCo - CNRS UMR 7114

Bernard Laks ; Giulia Barreca

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Nous avons le plaisir de vous inviter à la deuxième édition du séminaire sur la liaison. Comme pour l’ édition précédente, les ateliers seront consacrés à la présentation de nouvelles approches dans le domaine de la liaison. La présence massive de grands corpus oraux constituent une importante source qui continue à nourrir la réflexion sur ce phénomène dans différents domaines de recherche (linguistique, sociologie, psycholinguistique, acquisition, apprentissage etc.)

Cet atelier se propose d’enrichir le débat autour de la liaison dans un cadre pluridisciplinaire. Des collègues issus de différentes disciplines et laboratoires (Modyco, Lidilem, LPNC, LLL) présenteront leurs travaux sous forme d’exposé visant à animer les échanges et les discussions au sein de l’atelier.

Un site web d'échange, permettant de poster des billets, des articles, des références bibliographiques, des papiers récents est en cours de construction (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Le groupe de travail est largement ouvert et vous êtes cordialement invité à y participer. Merci également de diffuser cette annonce auprès de vos collègues et étudiants-chercheurs avancés.

La coordination du groupe est assurée en 2015 à Paris Ouest par Bernard Laks (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) et Giulia Barreca (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Pour vous inscrire sur la liste de diffusion, merci de leur indiquer votre intérêt pour participer à ces réunions et les coordonnées mail de toute autre personne intéressée (copie aux deux coordonnateurs).

 

 

Programme

 

13 février 2015      14h-16h

Modèles développementaux de l’acquisition de la liaison

Acquisition des liaisons, constructions, lexique une approche basée sur l’usageJean-Pierre Chevrot (LIDILEM, Université Stendhal- Grenoble 3; Institut universitaire de France)

 

Samantha Ruvoletto (SFL, Université Paris 8)

Liaison, élision et enchaînement: lexique, phonologie et orthographe à l'école primaire

 

20 mars 2015        14h-16h

Traitement de la liaison dans les corpus oraux

Philippe Boula de Mareüil (LIMSI)

Distribution de la liaison: une analyse à base de traitement automatique de grands corpus de lecture et de parole spontanée

 

Giulia Barreca (MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre) et George Christodoulides (Université Catholique de Louvain)

MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Université Catholique de Louvain

Analyse fréquentielle de la liaison dans le corpus PFC

 

16 avril 2015            14h-16h

L’acquisition de la liaison en L2

Isabelle Racine (ELCF, Université de Genève) et Sylvain Detey (SILS, Waseda)

Une approche sur corpus de la liaison en français L2: le projet « InterPhonologie du français Contemporain » (IPFC)

 

Giulia Barreca (MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre) et Oreste Floquet (Sapienza, Université de Rome)

L’acquisition de la liaison chez des apprenants italophones : le corpus IPFC-italien (Rome)

 

26 mai 2015             14h-16h (séance reportée au 1er juin)

Approches cognitives d'acquisition de la liaison 

Céline Dugua(LLL , Université d’Orléans) et Marie Baclesse (Orthophoniste)

L’oreille ou l’œil ? ou comment expliquer la réalisation des liaisons dans une tâche de lecture par des enfants âgés entre 8 et 11 ans

 

Elsa Spinelli (LPNC, Université Pierre Mendès-France)

Etude de la liaison en temps réel chez les natifs et les apprenants :l’apport des mouvements oculaires.

 

1er juin 2015             14h-16h

 Le statut de la CL

 

Marie-Helène Côté (Université Laval)

Liaison, lexique et grammaire

 

Céline Dugua(LLL , Université d’Orléans) et Marie Baclesse (Orthophoniste)

L’oreille ou l’œil ? ou comment expliquer la réalisation des liaisons dans une tâche de lecture par des enfants âgés entre 8 et 11 ans

 

 

 

re séance

13 février 2015     14h-16h

Modèles développementaux pour l’acquisition de la liaison

CHEVROT, Jean-Pierre

LIDILEM, Université Stendhal- Grenoble 3; Institut universitaire de France

Acquisition des liaisons, grammaire, usage

 

Résumé

Dans le domaine de la phonologie, la modélisation de la liaison a servi de test à la plupart des théories phonologiques. Dans le domaine du développement du langage, de nombreux travaux examinent l’acquisition des liaisons en L1 et L2 depuis une quinzaine d’années. En nous fondant sur les études de corpus et les expérimentations concernant la L1 (Chevrot et al., 2013 ; Wauquier, 2009, pour des vuesd’ensemble),nous montrerons comment ces travaux contribuent à un débat plus général entre deux conceptions de la connaissance linguistique : une conception basée sur la grammaire et une conception basée sur l’usage(Ambridge &Lieven, 2011). Nous présenterons ensuite le modèle fondé sur l’usage de l’acquisition des liaisons obligatoires (Chevrot et al., 2009 ; Dugua et al., 2009). Nous le confronterons finalement à des travaux récents qui ont testé certaines hypothèses qui en découlent, soit en explorant les étapes précoces (Babineau&Shi, to appear ; Buerkin-Salgado et al., 2014), soit en examinant les relations entre les liaisons entendues par l’enfant et le processus d’acquisition (Liégeois, 2014).

 

RUVOLETTO, Samantha

SFL, Université Paris 8

Liaison, élision et enchaînement: lexique, phonologie et orthographe à l'école primaire

 

Résumé

Dans l'acquisition du français, l’enfant reçoit comme input une langue orale où les frontières entre les mots sont masquées par des phénomènes consonantiques comme la liaison (les ours [lezuʁs]), l’élision (l'avion [la.vjɔ̃]) et l’enchaînement (la grosse araignée [la ɡʁo.sa.ʁɛ.ɲe]). Les caractéristiques du français sont à l'origine de mauvaises segmentations chez les petits enfants comme de(s)[n]éléphants [de.ne.le.fɑ̃] pour des[z]éléphants [de.ze.le.fɑ̃] ou u(n)[Ø]avion [ɛ̃ a.vjɔ̃] pour un[n]avion [ɛ.na.vjɔ̃] (Wauquier 2013 ; Chevrot et al. 2001, 2005). Entre 4 et 5 ans ces erreurs de liaison diminuent et après 5 ans, seules les erreurs d'omission de la CL subsistent à l'oral (Chevrot et al. 2013). Deux explications ont été données pour expliquer ce pattern de développement : une explication lexicale (Chevrot & Fayol, 2001) reposant sur la fréquence des mots et une explication phonologique autosegmentale (Wauquier & Braud, 2005 ; Wauquier, 2009).

Est-ce que l'entrée à l'école et l'apprentissage de l'écriture influencent l'acquisition de la liaison ? Comment l'écriture peut trouver sa place entre les deux explications ? Les résultats de notre étude longitudinale cherche à clarifier le panorama sur l'acquisition de la liaison et sur les deux approches qui ont guidées ses études précédentes.


 

 

2ème séance

20 mars 2015 ¨ 14h)1h

Traitement de la liaison dans les corpus oraux

BOULA DE MAREÜIL, Philippe

LIMSI, Laboratoire d'Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l'Ingénieur

Distribution de la liaison: une analyse à base de traitement automatique de grands corpus de lecture et de parole spontanée

 

Résumé

Cette communication sera consacrée à la distribution de la liaison en français à travers le traitement automatique, pour et par la synthèse et la reconnaissance de la parole. D’abord dans un cadre général, je définirai ce phénomène de sandhi en confrontation avec l’élision et l’enchaînement, avant d’aborder la question de savoir comment et quand on fait la liaison, dans une approche traditionnelle. Dans un second temps, j’interprèterai un corpus fermé en comparant le comportement vis-à-vis de la liaison de cinq convertisseurs graphème-phonème entre eux et avec les productions de sujets parlants. Enfin, je présenterai des travaux à base d’alignement automatique sur de grands corpus de lecture et de parole spontanée, utilisant les fréquences lexicales des mots engendrant des liaisons et utilisant les parties du discours (en parole lue). Cette analyse automatisée, dont les résultats rejoignent ceux d’autres études, permet d’apporter un nouvel éclairage sur la variation diaphasique.

 

BARRECA, Giulia et CHRISTODOULIDES, George

MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Université Catholique de Louvain

Analyse fréquentielle de la liaison dans le corpus PFC

Résumé

Des études précédentes (parmi d’autres Delattre 1956 ; Boula de Mareüil et al. 2003) ont souligné la difficulté de prédire les réalisations de la liaison variable malgré les règles établies par les classifications traditionnelles (Delattre 1966 ; Encrevé 1988). À la suite des travaux menés par Laks et Calderone (2014), notre contribution se propose de mener une analyse fréquentielle des contextes morphosyntaxiques (types) de liaison variable à partir des données de parole spontanée (lectures exclues) (1.368.035 tokens) extraites du corpus PFC (Durand et al. 2009), sur lequel nous avons mené un important travail de ré-annotation morphosyntaxique. Les résultats de cette étude non seulement confirme l’existence d’une distribution de Mandelbrot-Zipf des liaisons réalisées parmi l’ensemble des types totaux (Laks et Calderone, 2014), mais aussi bien parmi les seules types de liaison variable. En effet ces données attestent la présence d’une forte idiosyncrasie intra et inter catégorielle de la liaison variable. Seulement 15% des types de liaison variable induisent 80% du total des réalisations. Ces observations suggèrent que l’identification de schémas de construction spécifiques (Bybee, 2005), internes aux différents contextes morphosyntaxiques, pourrait conduire à une caractérisation plus précise de la variabilité des réalisations de la liaison.

 

 3ème séance

16 avril 2015   14h-16h

Isabelle RACINE (ELCF, Université de Genève) et Sylvain DETEY (SILS, Waseda)

Une approche sur corpus de la liaison en français L2: le projet « InterPhonologie du français Contemporain » (IPFC)

 

Résumé

La liaison constitue un passage obligé dans l’enseignement de l’oral en français L2. Les questions qui se posent alors sont : que faut-il enseigner et comment ? Dans cette présentation, nous examinerons tout d’abord les ressources pédagogiques existantes ainsi que les travaux qui se sont intéressés aux productions de liaison en français L2. En nous basant sur des données variées, nous montrerons ensuite en quoi le projet IPFC – visant à constituer, à l’aide d’un protocole multitâche, une large base de données orales d’apprenants de diverses L1 – peut contribuer à un renouvellement des analyses dans le domaine de l’acquisition de la liaison ainsi que du matériel pédagogique lui-même.

 

Giulia BARRECA (MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre La Défense ; Université Catholique de Milan) et Oreste FLOQUET (Sapienza, Université de Rome)

L’acquisition de la liaison chez des apprenants italophones : le corpus IPFC-italien (Rome)

Résumé

La plupart des études sur l’acquisition de la liaison en L2 (Wauquier, 2009 ; Harnois-Delpiano, 2012) s’accordent sur un traitement lexical basé sur une représentation orthographique des mots. Cependant les positions divergent quant à la capacité des apprenants d’opérer des généralisations morpho-phonologiques de la liaison. Dans le cadre du projet IPFC (InterPhonologie du français Contemporain) cette présentation se propose de documenter,  à partir des résultats d’une étude longitudinale,  l’évolution de l’acquisition de la liaison chez dix-sept étudiants italophones inscrits à l’université « Sapienza » de Rome. Les réalisations de la liaison attestées dans l’interlangue de ces apprenants semblent suggérer la mise en place de stratégies d’acquisition qui dépassent la simple mémorisation « au cas par cas ».

 

4ème séance

 

Marie-Helène CÔTÉ (Université Laval)

Liaison, lexique et grammaire

 

Résumé

La liaison ouvre une fenêtre unique sur la structure du lexique et de la grammaire. D’une part, le statut lexical ambigu des consonnes de liaison a fait l’objet de débats soutenus concernant la nature des liens que la consonne de liaison entretient avec les mots précédent et suivant. Selon Côté (2014), la consonne de liaison n’appartient dans le cas général à aucun des deux mots. D’autre part, la réalisation des consonnes de liaison implique simultanément plusieurs composantes lexicales et grammaticales, ce qui soulève directement la question des interfaces. Côté (2013) suggère en particulier que la réalisation de la liaison dépend non pas du contexte syntaxique ou prosodique dans lequel le mot précédent apparaît, mais de l’ensemble de sa distribution. Nous présenterons ces résultats et discuterons de quelques unes de leurs implications pour la structure du lexique et  de la grammaire, notamment le constructionnisme et la modularité.

 

Céline DUGUA (LLL , Université d’Orléans) et Marie BACLESSE (Orthophoniste)

L’oreille ou l’œil ? ou comment expliquer la réalisation des liaisons dans une tâche de lecture par des enfants âgés entre 8 et 11 ans.

 

Résumé

L’usage et le processus d’acquisition des liaisons sont aujourd’hui bien documentés chez les enfants entre 2 et 6 ans. Au-delà de cet âge, au moment où se met véritablement en place l’apprentissage de la lecture, se pose la question de l’influence du déchiffrage (plus précisément l’acte de « voir » des graphèmes) sur la réalisation de la liaison. A partir du cadre des théories basées sur l’usage, nous chercherons à montrer que les connaissances (ortho)graphiques acquises ne supplantent pas pour autant les connaissances antérieures fondées sur la mémorisation et l’usage de constructions impliquant des liaisons. Notre étude s’appuie sur une tâche de lecture proposée à un échantillon d’environ 100 enfants tout-venant de CE2-CM1.

 

 

 




 

 

Séminaire du groupe de travail inter laboratoires sur la liaison 2012/2013

Des collègues appartenant à différents laboratoires (Modyco, ESLO, Lidilem, CLEE, autres équipes à venir) ont décidé d'organiser un groupe de travail sur la liaison en français. Tous les aspects du phénomène sont concernés : synchronie et diachronie, acquisition L1 et L2, modélisation, sociolinguistique, variabilité, phonétique, lexicologie, morphologie, syntaxe, prosodie, orthographe, vision etc.

Le groupe de travail se réunit une fois par mois, à Paris en général, mais aussi à Orléans, Grenoble etc., selon le calendrier joint. Ces réunions sont aussi peu formelles que possible. Deux collègues organisent chacun une présentation de 45 minutes plus 15 minutes de débat, sur un thème annoncé. Ces présentations consistent en exposé, recherches en cours, lectures critiques de publications, revues de sous-domaines, présentations de ressources, analyses quantitatives ou qualitatives etc. Le format des séances est souple et adaptable. Il doit favoriser les échanges et les discussions.

Un site web d'échange, permettant de poster des billets, des articles, des références bibliographiques, des papiers récents est en cours de construction (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Il pointera sur les travaux et les ressources des laboratoires.

Le groupe de travail est largement ouvert et vous êtes cordialement invité à y participer. Merci également de diffuser cette annonce auprès de vos collègues et étudiants-chercheurs avancés.

La coordination du groupe est assurée en 2013 à Paris Ouest par Bernard Laks (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) et Julie Peuvergne (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Pour vous inscrire sur la liste de diffusion, merci de leur indiquer votre intérêt pour participer à ces réunions et les coordonnées mail de toute autre personne intéressée (copie aux deux coordonnateurs).

Année 2014/2015 : le programme du séminaire "La liaison" est en cours d'élaboration.

 

Calendrier pour l'année 2013/2014 (séances de 14 à 16h):

21 Janvier : Ressources et corpus : responsables Olivier Baude et Céline Dugua (LLL)

default Baude_Dugua_21janvier2013 (52 KB)

Liégeois_21janvier2013

 

11 février : Acquisition : Jean-Pierre Chevrot (Lidilem), Loïc Liégeois (LRL)

Jean-Pierre Chevrot, Lidilem, Université de Grenoble et IUF : Acquisition de la liaison prénominale : modèles, débats, données.
Abstract
Liaison is a sandhi phenomenon in French. Over the last four decades, it has given rise to many different models illustrating the whole range of phonological theories. More recently, new studies have documented its acquisition in French-speaking children as well as adult learners of French as a second language. These studies have resulted in the elaboration of two models of the acquisition process: 1/ the constructionist model (Chevrot, Dugua & Fayol, 2009; Nicoladis & Paradis, 2011) developed within the framework of the usage-based theories; 2/ the phonological model (Wauquier, 2009) which represents the framework of nonlinear phonology. Our aim is to re-examine the usage-based model in the light of the criticisms and suggestions made by Wauquier (2009). We shall first present the two models and then examine the issues under discussion. After that, we shall present longitudinal data testing a prediction made by the phonological model with regard to the generalization process in L1 and L2 acquisition. To conclude, we shall identify the points that remain to be clarified for each of the models and the directions which future research should take.

Chevrot_11fevrier2013

Loïc Liégeois, Laboratoire de Recherche sur le Langage, Clermont Université : La variation phonologique en discours adressé à l'enfant dans le corpus ALIPE.
Résumé
Il est établi que, comparé au discours adressé à l'adulte (DAA), le discours adressé à l'enfant (DAE) comporte plusieurs spécificités. En effet, les énoncés adressés à l'enfant sont plus courts (Phillips, 1973) et plus simples au niveau syntaxique (Rondal, 1980). Au niveau prosodique, les énoncés en DAE sont produits avec une « hauteur tonale élevée et une intonation exagérée » (Jisa et Richaud, 1994, p.22) et les mots portant les informations sémantiques les plus importantes dans le discours sont davantage accentués (Garnica, 1977). De plus, les adultes ont tendance à privilégier les variantes standard par rapport aux variantes vernaculaires en DAE (Foulkes et al., 2005). Au cours du développement linguistique de l'enfant, ces caractéristiques tendent à disparaître, les structures syntaxiques utilisées en DAE se complexifiant pour se rapprocher de celles utilisées en DAA (Snow, 1972).
Dans le cadre du projet Acquisition de la Liaison et Interactions Parents-Enfant (Chanier et al., 2012), nous souhaitons observer si le DAE comporte des spécificités au niveau de deux variables phonologiques du français : la liaison et l'élision du schwa. Afin de pouvoir observer et comparer le DAA et le DAE nous avons transcrit et annoté 30 heures d'interaction parents-enfant recueillies en situation naturelle au domicile de trois familles différentes (10 heures par famille). Nos premières analyses, effectuées sur une partie des corpus denses du projet ALIPE, ont fait apparaître une fréquence plus élevée du maintien du schwa (Liégeois et al., 2012) et de la réalisation des liaisons variables en DAE par rapport au discours parental adressé à un adulte (Liégeois et al., 2011).
Cet exposé se concentrera sur les productions de liaison en input parental en fonction de l'adresse du discours. Nous montrerons que, en fonction de l'âge de l'enfant, les parents modulent plus ou moins leur langage. En effet, au fil du développement linguistique de leur enfant, les taux de réalisation de la liaison et les fréquences de cooccurrence Mot1/Mot2 observés en DAE se rapprochent de ceux relevés en DAA.

default Liégeois_11février2013

 

25 mars : Phonétique : Cécile Fougeron et Martine Adda-Decker

Productivité de la réalisation de la liaison: études manuelle et automatique de corpus divers.

Nous présenterons les résultats de différentes études basées sur des approches de traitement (semi)manuel ou automatique dans lesquelles la question était d'étudier la productivité de la réalisation de la liaison en fonction du style de parole (lu vs. spontané), du débit de parole, de facteurs lexicaux et en comparaison avec d'autres phénomènes phonologiques comme la chute de schwa. Nous discuterons des implications de ces résultats pour les systèmes de reconnaissance de la parole (automatique ou par l'humain), et nous aborderons des questions méthodologiques liées aux différentes approches de traitement de corpus.

default Fougeron_AddaDecker_25mars2013 (4.23 MB)

 

28 mai : Sophie Wauquier et Ellenor Shoemaker   default WauquierShoemakerRésumé

10 juin : dernière séance : bilan

 

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BIBLIOGRAPHIE  

Adda-Decker Martine, Elisabeth Delais-Roussarie, Cécile Fougeron, Cédric Gendrot & Lori Lamel (2012), « La liaison dans la parole spontanée familière : une étude sur grand corpus », Revue Française de Linguistique Appliquée, volume XVII-2012 : Langue parlée : norme et variation.

Adda-Decker Martine, Philippe Boula de Mareüil & Lori Lamel (1999), « Pronunciation variants in French : schwa & liaison », 14th International Conference on Phonetic Science, ICPhS 99.

Boula de Mareüil Philippe, Martine Adda-Decker & Véronique Gendner (2003), « Liaisons in French : a corpus-based study using morpho-syntactic information », Proceedings of the International Conference on Phonetic Sciences, ICPhS, Barcelone.

Bürki, Audrey & Gareth Gaskell (2012), « Lexical representation of schwa words: two mackerels but only one salami », Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 38, 617-631.

Bürki, Audrey Elsa Spinelli & Gareth Gaskell (2012), « A written word is worth a thousand spoken words: The influence of spelling on spoken-word production », Journal of Memory and Language, 67, 449-467.

Chevrot, Jean-Pierre & Isabelle Malderez (1999), « L'effet Buben : de la linguistique diachronique à l'approche cognitive (et retour) », Langue française, 124, 104-125.

Chevrot, Jean-Pierre, Damien Chabanal & Céline Dugua (2007), « Pour un modèle de l’acquisition des liaisons basé sur l’usage: trois études de cas », French Language Studies, 17, 103–128.

Chevrot, Jean-Pierre, Céline Dugua & Michel Fayol (2009), « Liaison acquisition, word segmentation and construction in French: a usage-based account », J. Child Lang, 36, 557–596.

Chevrot, Jean-Pierre, Aurélie Nardy & Stéphanie Barbu (2011), « Developmental dynamics of SES-related differences in children’s production of obligatory and variable phonological alternations », Language Sciences, 33, 180–191.

Dugua Céline, Elsa Spinelli, Jean-Pierre Chevrot & Michel Fayol (2009), « Usage-based account of the acquisition of liaison: Evidence from sensitivity to the singular/plural orientation of nouns », Journal of Experimental Child Psychology, 102, 342–350.

Fougeron Cécile & Elisabeth Delais-Roussarie (2004), « Fais_en à Fez_en parlant » : Étude comparative de la liaison et de l'enchaînement », Actes de JEP-TALN 2004, Fès, Maroc.

Fougeron Cécile, Jean-Philippe Goldman & Ulrich Frauenfelder (2001) « Liaison and schwa deletion in French : an effect of lexical frequency and competition ? », Eurospeech 2001, Aalborg, Danemark.

Fougeron Cécile, Jean-Philippe Goldman, Alicia Dart, Laurence Guélat & Clémentine Jeager (2001), « Influence de facteurs stylistiques, syntaxiques et lexicaux sur la réalisation de la liaison en français », 8ème TALN, Tours, 2001. 

Gallot Sophie, Spinelli Elsa, Jean-Pierre Chevrot & Céline Dugua (2009), « Le rattachement lexical de la liaison : une expérience d’amorçage chez des enfants prélecteurs »,  Psychologie française, 54, 355–361. default

Ziegler, Johannes C., Mathilde Muneaux & Jonathan Grainger (2003), « Neighborhood effects in auditory word recognition: Phonological competition and orthographic facilitation », Journal of Memory and Language,48, 779–793.

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