Séminaire doctoral de MoDyCo

 

Séminaire doctoral 2017-2018

Mardi, 11h-13h, salle séminaire 2, bâtiment W - Max Weber (en face du bâtiment A), Université Paris Nanterre

(organisé par Marianne Doury et Julie Lefebvre)

Cette année, le séminaire aura lieu les mardis suivants : 

Programme

Séance 1 : 7 novembre 2017

Julie Lefebvre (Modyco, UMR 7114), Laurence Moreux (MoDyCo, UMR 7114) - Deux approches des représentations des écrits et de l'écriture dans le discours des scripteurs

Quelles représentations de  l’écriture et de l’écrit les scripteurs construisent-ils dans leur discours ? Nous présenterons, dans le cadre de ce séminaire, deux approches distinctes de ces questions.

Julie Lefebvre (MoDyCo, UMR 7114) - Quelques représentations de l’écrit et de l’écriture à partir de l’analyse d’énoncés métadiscursifs écrits

Dans un premier temps, nous nous intéresserons à des énoncés relevés dans des notes de bas de page d’écrits contemporains (textes scientifiques et textes littéraires) tels que « Nous examinerons cette question plus loin au chapitre 4 » ou encore « Voir p. 237 ». Nous montrerons comment ces énoncés métadiscursifs, en situant le discours dans un espace visuel à la structuration singulière — un espace découpé en « parts » : les « parties », les « chapitres », les « volumes », les « pages »… —, constituent autant de représentations des « conditions de possibilité du discours écrit » (Laufer 1989).

Laurence Moreux (MoDyCo, UMR 7114) - De quelques représentations de l'écriture chez des scripteurs-étudiants de L3 se disant en difficulté

Dans un second temps, nous situerons la notion de « représentation » dans ce qu’on appelle le « rapport à l’écriture » (voir notamment Barré-de Miniac 2000 et Py 2004). Nous verrons ensuite quelques exemples illustrant la variété des représentations de l’écriture que permettent de mettre en lumière d’une part l’analyse des 456 réponses à un questionnaire soumis à des étudiants de L3 d’appartenance disciplinaire diverse, d’autre part l’examen d’une quinzaine d’entretiens oraux menés avec des étudiants-scripteurs se disant en difficulté.
En conclusion, nous tenterons d’évaluer la complémentarité de ces deux approches et des résultats qu’elles permettent d’obtenir.

Cette séance sera suivie d'un pot de rentrée (salle 407, bâtiment A)


Séance 2 : 19 décembre 2017

Chantal Claudel (MoDyCo, UMR 7114), Chiara Manno

Chantal Claudel (MoDyCo, UMR 7114) - Comparer des genres de discours en français et en japonais : quel arrière-plan théorique, quelle méthodologie, quelles catégories d'analyse

Comparer des données issues d’un même genre de discours (interview de presse, courrier électronique, etc.) produit dans des langues et des cultures différentes – en l’occurrence, le français et le japonais – implique, préalablement à l’analyse, la nécessité de conduire une réflexion sur la nature des outils théoriques et méthodologiques à mobiliser pour mener à bien ses objectifs de recherche.
Plus précisément, la démarche consiste à interroger les cadres théoriques à disposition dans les communautés ethno-linguistiques engagées dans l’étude pour en mesurer le degré de pertinence au regard du projet comparatif et construire un dispositif d’analyse s’accordant aux buts fixés. Le choix des catégories d’analyse obéit à la même logique. Leur mise en évidence doit s’effectuer non à partir de phénomènes caractéristiques d’un des idiomes, mais en fonction des spécificités des deux langues et cultures contrastées. Aussi, qu’elles soient méta-cognitives, énonciatives ou pragmatiques, les catégories retenues sont à accorder aux données soumises à la comparaison.
Ces orientations sont celles adoptées dans cet exposé qui partira de la notion de genre de discours pour éclairer la place de cette entrée en comparaison et rendre compte de son rôle de tertium comparationis ou invariant de la comparaison. Il s’en suivra une illustration de la démarche privilégiée à travers la présentation de la façon dont s’est élaborée la notion métacognitive de “figure” pour analyser l’interview de presse, et du cheminement emprunté pour étudier la politesse dans le genre “courrier électronique”.

Quelques titres en lien avec la présentation (disponibles en ligne) :

Claudel, Ch. (2004) : « La notion de figure : propositions méthodologiques pour une approche comparée du genre interview de presse en français et en japonais », Tranel, n°40, Genève, 27-45. <http://doc.rero.ch/record/19075>

Claudel, Ch. (2010) : « Les pratiques journalistiques en France et au Japon : points de rencontre et divergences », Communication & Langages, n°164, 13-31.    doi:10.4074/S0336150010012020. http://www.necplus.eu/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=2430816

Claudel, Ch. (2015): “Apologies and thanks in french and japanese personal emails: a comparison of politeness pratices”, Russia Journal of Linguistics, Special Issue: Intercultural Communication: Theory and Practice, vol. 23, n° 4, 127-145. <http://cyberleninka.ru/article/n/apologies-and-thanks-in-french-and-japanese-personal-emails-a-comparison-of-politeness>

Claudel, Ch. et  Tréguer-Felten, G. (2006) : « Rendre compte d’analyses comparatives sur des corpus issus de langues/cultures éloignées », Carnets du Cediscor, n°9, Paris, Presse de la Sorbonne Nouvelle, 23-37. < https://cediscor.revues.org/121>

Chiara Manno - Les aizuchi japonais : nouvelles perspectives linguistiques et didactiques

Tout au long d’un échange communicatif, le locuteur appelle l’attention de son partenaire à travers des « captateurs » ou phatiques comme « tu vois », « hein », « n’est-ce pas », des procédés comme la variation du ton de la voix et la reformulation, ou des marqueurs non verbaux comme le mouvement du corps ou le regard (Kerbrat-Orecchioni, 1990 ; Traverso, 2007). De son côté, l’allocutaire doit utiliser des signaux d’écoute pour contribuer à l’avancement de l’interaction (Kerbrat-Orecchioni, 1990 : 18). Ces signaux, appelés régulateurs discursifs, peuvent être réalisés verbalement à travers des morphèmes exclamatifs comme « oui », « ah bon » ou des reformulations, ou encore paraverbalement à travers le regard, le sourire, le hochement de tête, ou des formes comme « mmh » (ibid.). En fonction de la réaction de l’allocutaire, le locuteur peut décider comment poursuivre la conversation : il peut continuer son discours, le reformuler si l’auditeur n’a pas bien saisi les informations, ou l’interrompre si aucun intérêt n’a été montré.

L’objet de notre recherche concerne les régulateurs discursifs japonais, autrement appelés aizuchi. Le concept d’aizuchi est fortement ancré dans la culture japonaise (Horiguchi, 1997) : en effet, ce terme se rencontre dans des livres et des journaux, s’entend dans les conversations quotidiennes et est étudié par de nombreux linguistes. Plusieurs recherches ont montré qu’en japonais, les aizuchi se vérifient avec une occurrence plus élevée que les régulateurs discursifs des langues comme l’anglais par exemple (Clancy et al., 1986 ; Ohama, 1986 ; Maynard, 1989).

Dans cette intervention, nous présenterons les caractéristiques générales des régulateurs discursifs, puis celles des régulateurs japonais. On analysera certains des marqueurs concernés d’un point de vue sémantique, syntaxique et fonctionnel. À travers cette analyse, on essaiera de comprendre quels problèmes peut générer la non-maîtrise des aizuchi pour un apprenant français qui n’a pas été sensibilisé à leur emploi.


Séance 3 : 16 janvier 2018

Séance organisée par les Doctorants


Séance 4 : 6 février 2018

Christophe Parisse (MoDyCo, UMR 7114) & Sophie de Pontonx (MoDyCo, UMR 7114) ; Elise Guy-Guyenet (MoDyCo, UMR 7114)


Séance 5 : 27 mars 2018

Maria Kihlstedt (MoDyCo, UMR 7114), Jesus Izqueirdo (Université de Tabasco, Mexique)

Maria Kihlstedt (Département de Sciences du langage, Modyco) - L'acquisition de l'imparfait en français dans des narrations écrites : perspectives de l'aspect lexical (Aktionsart) et des fonctions discursives

Jesus Izqueirdo (Université de Tabasco, Mexique) -


Séance 6 : 22 mai 2018

Olivier Baude (MoDyCo, UMR 7114), Michel Jacobson (LLL-BnF, UMR 7220)

Olivier Baude (MoDyCo, UMR 7114) - Une linguistique de corpus à l’heure des humanités numériques : retour d’expériences

Dans la foulée de l’engouement pour la linguistique de corpus outillée, le développement récent des humanités numériques détermine de nouveaux usages des données en sciences humaines et sociales. A partir du travail réalisé depuis une dizaine d’années autour d’un grand corpus de français parlé (ESLO - Enquêtes sociolinguistiques à Orléans) et de plusieurs programmes destinés à la diffusion de corpus oraux, j’aborderai les points les plus significatifs d’une démarche de mise à disposition et d’exploitation scientifique de données linguistiques et je proposerai quelques éléments d’un premier bilan.

Michel Jacobson (LLL-BnF, UMR 7270) - Usages du web sémantique au sein de la plateforme Cocoon

La plateforme Cocoon (Collections de corpus oraux numériques) permet de diffuser et d’archiver des ressources orales. Nous présenterons les développements récents de la plateforme orientés vers le « Linked Open Data » (LOD) qui place l’interopérabilité des données au niveau sémantique. Ainsi les vocabulaires, ontologies et référentiels disponibles dans différents secteurs permettent aujourd’hui d’envisager de nouvelles pratiques de documentation et les modèles de diffusion des données du LOD ouvrent la porte à de nouvelles organisations pour la gestion de l’information.


Séance 7 : 19 juin 2018

Iris Eshkol Taravella (MoDyCo, UMR 7114), Hélène Flamein (Université d'Orléans, LLL)

 Iris Eshkol Taravella (Paris Nanterre, MoDyCo) - Le TAL au service de l'analyse linguistique de corpus

 

Séminaire doctoral 2016-2017

Mardi, 11h-13h, bâtiment W (Max Weber), salle 1 (Rdc), Université Paris Ouest Nanterre

(organisé par Frédéric Isel et Julie Lefebvre)

Cette année, le séminaire aura lieu les mardis suivants : 

Programme

 

18 octobre 2016

Cette séance sera suivie d'un pot de rentrée qui aura lieu bâtiment A, salle 407.

Marianne Doury (IRISSO, Equipe LCP, UMR 7170, CNRS-Dauphine)

L'accusation d'amalgame et son réinvestissement diaphonique dans les discours de la "nouvelle droite".

Ce travail rentre dans le cadre d'une orientation de mes recherches en place depuis de nombreuses années, qui consiste à se pencher sur la composante évaluative de la compétence argumentative ordinaire — c'est-à-dire sur ce qui guide les locuteurs lorsqu'ils déclarent qu'une argumentation est "bonne" ou "mauvaise". J'ai mené cette réflexion en prêtant attention aux termes "méta" que les locuteurs utilisent pour catégoriser (et évaluer) les procédés argumentatifs à l'œuvre dans les échanges dans lesquels ils sont impliqués. J'ai publié en 2003 [voir lien ci-dessous] un article sur l'utilisation du mot "amalgame" pour catégoriser et disqualifier le discours de l'adversaire. Je me suis intéressée récemment à un nouvel usage du terme jouant sur une reprise diaphonique, usage qu'on trouve dans les discours qu'on peut qualifier rapidement de droite (dure) et qui a fleuri depuis les attentats de 2015 (même s'il existait auparavant, mais de façon moins visible). Il s'agit de considérer que l'injonction "il ne faut pas faire d'amalgame" est caractéristique d'une gauche bien pensante et angéliste qui refuse de voir que le terrorisme (et plus largement tous les problèmes de la France) sont le fait des musulmans ; "pas d'amalgame" repris diaphoniquement (et marqué parfois par une graphie spécifique, qui montre qu'il ne s'agit pas d'un "usage" mais d'une "mention" : PADAMALGAM) sert à disqualifier en bloc le discours de ceux qui invitent à ne pas assimiler la religion musulmane et le terrorisme, par exemple.

Voir : M. Doury (2003), "L'évaluation des arguments dans les discours ordinaires. Le cas de l'accusation d'amalgame", Langage et Société, 105, 9-37. Article disponible en ligne à l'adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-langage-et-societe-2003-3-page-9.html

Christian Plantin (ICAR, CNRS ; Université Lyon 2 ; Ecole Normale Supérieure de Lyon)

Pourquoi un dictionnaire de l'argumentation ? 

Voir : C. Plantin (2016), Dictionnaire de l'argumentation. Une introduction aux études d'argumentation, Lyon, ENS Editions.

22 novembre 2016 :

séance annulée

17 janvier 2017 :

Jacqueline Authier-Revuz (CLESTHIA - Université Sorbonne Nouvelle)

Le « même » au risque de ses recontextualisations – avatars sémantiques de la citation littérale

Si une séquence de langue (« type », abstraite) peut être répétée identique à elle-même, l’événement – où se produit le sens – de son énonciation échappe, lui, radicalement, dans la singularité de sa concrétude, à la reproduction à l’identique : dès lors que le dire est en jeu, le même du « re » se déplace vers de l’autre.

Ce fonctionnement du « langage en contexte » s’exerce de façon privilégiée dans le champ de la « représentation du discours autre » (RDA), ou « discours rapporté », caractérisable comme articulation – métalangagière – de deux actes d’énonciation : l’un, en cours, effectif, A dont l’énoncé E, produit dans un Contexte donné (co-énonciateurs L-R, temps, lieu, infinité de données…), représente (« parle de ») un acte a, distinct de A, réel ou fictif, constitué par un énoncé e, produit dans son contexte (co-énonciateurs l-r, temps, lieu, infinité de données…).

Tout énoncé E de RDA met donc en jeu deux contextes de statuts différents : celui C,factuel, de son énonciation, dans lequel il se produit et trouve son sens ; celui, c, de e(a) qui n’y apparaît qu’à travers la représentation qu’en donne E. Ainsi, fût-elle reproduite à l’identique dans une forme de RDA comme le DD qui, par l’autonymie, permet (mais n’implique pas) une reproduction littérale, une chaîne « e » est soumise, dans le E(A) où elle se trouve mentionnée, à une double recontextualisation : 1) par représentation, verbale, et nécessairement sélective, du contexte de son énonciation en a, 2) par déplacement, de fait, dans le Contexte autre, verbal et non verbal, de E qui en conditionne le sens.

A travers des exemples de « DD littéraux » empruntés à des discursivités variées (conversations, textes médiatiques, écrits théoriques, littéraires…) on tentera de faire apparaître quelques uns des « agencements » entre « contexte représenté » (celui de e représenté en E) et Contexte d’accueil (celui de E, où « e » se trouve « déplacé »), selon lesquels, avec des enjeux politiques, idéologiques, théoriques, rhétoriques, esthétiques, subjectifs, le sens d’énoncés se donnant comme restitution transparente d’un élément inchangé, est mis en mouvement dans cette dynamique de la double recontextualisation.

On parcourra notamment des figures de recontextualisation caractérisables en termes (a) de pondération ou de prégnance relative des contextes représentés/d’accueil, (b) de similitude entre les deux plans :

(a) – insistance voire emphase vs faiblesse de la représentation de contexte ; faiblesse-défaut livrant l’énoncé à l’emprise perturbatrice d’un Contexte d’accueil ou faiblesse-créative libérant les énoncés de leurs attaches contextuelles ; force – ou violence – notamment générique du Contexte d’accueil ;

(b) – effet conjugués des deux contextualisations ; effet de miroir entre les deux contextes permettant que le « e » de mention de parole de l à r, en a, se redouble, indirectement, d’un e dit par L à R.

Autant de cas qui – montrant l’emprise sur le sens de l’élément cité – questionnent la conception du DD où L « cède la parole » à lL qui, certes, « s’irresponsabilise » par un « je cite » le temps du « e », est pleinement l’énonciateur de E et, en E, de l’autonyme « e », et partie prenante dans les aventures du sens qu’il connaît.

 

Eléments bibliographiques

Authier-Revuz J. (2001), « Le discours rapporté », dans R. Tomassone (éd.), Une Langue : le français, Hachette, coll. Grands Repères culturels, p. 192-201.

Authier-Revuz J. (2003), « Le Fait autonymique : Langage, Langue, Discours – Quelques repères », in Authier-Revuz J., Doury M., Reboul-Touré S. (eds.), Parler des mots – Le fait autonymique en discours, PSN, Paris, p. 67-95.

Authier-Revuz J. (2004), « La représentation du discours autre : un champ multiplement hétérogène », in López-Muñoz J.-M., Marnette S., Rosier L. (eds), Le discours rapporté dans tous ses états : question de frontières, L’Harmattan, Paris, p. 35-53.

Tuomarla U. (2000), La Citation mode d’emploi, Sur le fonctionnement discursif du discours rapporté direct, Academia Scientiarum Fennicæ, Helsinki, 249 p.

Yoshiko Suto (Université de Nihon, Tokyo, chercheure invitée au laboratoire Modyco)

L’étendue du discours rapporté en japonais, à travers son marqueur "to" citatif

 

La construction du discours rapporté en japonais se constitue d’une proposition citative accolée à la particule "to", marqueur du discours rapporté que l’on appelle "to" citatif et d’un verbe de communication. Cette forme canonique paraît, à première vue, correspondre à celle du discours indirect en français. Mais cette ressemblance est trompeuse. L’énoncé (1), par exemple, peut avoir deux traductions françaises : l’une correspondant au discours direct et l’autre au discours indirect. Moins canonique mais tout aussi fréquente que cette forme-là, la proposition citative accolée à "to" citatif peut être suivie d’un verbe qui n’est pas un verbe de communication, comme en (2) où l’énonciateur cité n’est pas pour le moment identifié. Quant à l’oral, la proposition citative peut n’être suivie d’aucun verbe, comme en (3) où le l’énonciateur prend de la distance par rapport à sa propre énonciation.

(1)        Taro wa kimi ga suki da to itta.

--- TH toi SUJ aimer COP to dire.ACC

(a) Taro a dit : ''Je t'aime'' ; (b) Taro a dit qu'il t'aimait.

(2)        「Gomenkudasai」to doa ga aita.

bonjour to porte SUJ s'ouvrir.ACC

(traduction littérale) "Bonjour" La porte s'est ouverte.

(3)        Sate, sorosoro oitomashi mashot-to.

bon bientôt se-retirer COP-POL.VOL.to

Bon, permettez-moi de me retirer.

Le discours rapporté en japonais recèle de nombreux phénomènes qui ne trouvent pas d’équivalents en français. Est-ce que l’on peut les appréhender avec des critères habituels du discours rapporté comme la distinction entre discours direct et indirect ?

Cette communication tiendra compte de la diversité des faits linguistiques concernant l’introduction d’un énoncé à l’intérieur d’un autre, au moyen de "to" citatif, afin de mettre en lumière le fonctionnement du discours rapporté en japonais.

Eléments bibliographiques :

Yoshiko Suto (2008), Une forme d'auto-objectivation - Étude du discours rapporté en japonais : analyse de to, iu et to iu, Thèse soutenue à l’Université de Franche-Comté.

28 février 2017 :

Frédéric Landragin (LATTICE - ENS - UMR 8094 ) 

Annotation, analyse et identification automatique de chaînes de coréférences : des questions interdépendantes ?

Une chaîne de coréférences est une structure qui regroupe un ensemble d’expressions référentielles (ou mentions, ou maillons) désignant toutes la même entité extralinguistique. Chaque maillon peut être enrichi par des annotations linguistiques, et les différents maillons d’une chaîne peuvent être reliés par des relations, elles-mêmes annotées avec des interprétations linguistiques. En conséquence, il est difficile d’appréhender une telle structure et d’en tirer directement des analyses.

Nous présentons un ensemble de repères méthodologiques importants pour s’assurer qu’un corpus annoté en chaînes servira aussi bien de données pour nourrir un système d’apprentissage artificiel que de support fiable et complet pour des analyses linguistiques approfondies.

Nous précisons ainsi, pour ce phénomène linguistique particulier, les liens qui rapprochent linguistique théorique, linguistique de corpus outillée et traitement automatique des langues.

Adèle Désoyer (Modyco - CNRS UMR 7114 & Université Paris Nanterre)

Appariement d'articles en ligne et de vidéos dans un contexte industriel : Un système de recherche d'information répondant à un besoin complexe et flou

Ce travail de recherche s'inscrit dans un contexte industriel, dont le but est l'appariement d'articles en ligne et de vidéo d'information. L'entreprise partenaire est une place de marché mettant en relation des producteurs, diffuseurs et annonceurs, et leur propose une indexation de vidéos puis leur syndication sur des sites web.

Avant la naissance de ce projet de thèse, l'entreprise interrogeait un système externe pour rechercher automatiquement des vidéos pour les articles, mais cette solution s'est révélée peu performante. La problématique initialement formulée était donc de développer un système capable d'apparier pertinemment articles et vidéos dans un maximum de cas, pour minimiser autant que possible l'intervention humaine.

Pour répondre à cette demande d'automatisation, nous reconsidérons la problématique comme une tâche de recherche d'information (RI), application désormais classique mobilisant entre autres des méthodes de Traitement Automatique des Langues (TAL).

Le principal verrou de ce travail réside dans le fait que la collection de vidéos interrogée par le système est à la fois non-exhaustive et dynamique : en d'autres termes, un article soumis au système n'a pas nécessairement de vidéo associable en base, ou peut en avoir qui ne sont pas encore indexées ni même encore produites au moment de son traitement automatique. Or nous devons répondre à un besoin complexe, cherchant à intégrer une vidéo pertinente à un article si elle existe, sans toutefois rejeter une vidéo moyennement pertinente, que nous préférons voir intégrée à un article plutôt que de ne rien lui associer.

Plus théoriquement, ces travaux s'inscrivent dans le domaine du Topic Detection and Tracking, et s'inspirent notamment de la tâche de Link Detection qui doit déterminer si deux contenus médiatiques traitent du même sujet ou non. La difficulté de cette tâche réside dans la double contrainte du besoin d'information, exigeant à la fois une similarité thématique des contenus et une proximité temporelle.

Parallèlement à cela, le système doit satisfaire la demande économique d'intégrations vidéo, pour laquelle il faut trouver un juste équilibre entre pertinence de l'appariement et nécessité de résultat. Des méthodes d’apprentissage automatique sont ainsi mobilisées pour trouver des seuils de scores optimisant la réponse à ce besoin complexe.

4 avril 2017 :

Brigitte Garcia (SFL - UMR 7023 CNRS & Université Paris 8 )

Structuration sémantico-lexicale de LSF et questionnements sur le statut du « lexique » dans cette langue

Selon la perspective théorique que j’adopte, la LSF (les LS ?) dispose(nt) de deux grands modes linguistiques de production du sens : un mode du dire classique, qui manipule des unités lexicales (UL) d’un type en apparence peu éloigné de celui qui caractérise les UL de la langue vocale environnante, et un mode du dire original, qui donne en même temps à voir ce qui est dit et qui met en jeu, lui, des unités de format similaire mais non lexicalisées.

Dans ce cadre, je m’attacherai d’abord à montrer que les UL sont très éloignées de constituer le tout du lexique. A partir d’une étude récente sur les émergences lexicales en LSF, je suggèrerai l’existence d’une structuration sémantico-lexicale dense, articulée autour des composants-mêmes des « signes », lexicaux et non lexicaux. Puis j’illustrerai en quoi la présence dans la LS des moyens structurels du dire en montrant, associée à l’économie particulière de son lexique, fait de la conventionnalité qui définit les UL comme telles une caractéristique somme toute assez transitoire.

Lætitia Puissant-Schontz (Modyco - UMR 7114 CNRS & Université Paris Nanterre)

Les constructions prédicatives en LSF, description linguistique et développementale (Thèse en cours)    

Mes recherches portent sur la description des constructions prédicatives en LSF, communément appelées verbes. Ces constructions sont actuellement catégorisées en verbes directionnels et non-directionnels, verbes variables et invariables en proformes,  plus ou moins rigides, verbes spatiaux, verbes neutres, verbes à classificateurs, etc. Mais ces descriptions ont montré leurs limites et ne permettent pas d’évaluer finement ces verbes en fonction de la complexité de leur réalisation. Un des objectifs étant de créer un test de compréhension et de production pour connaître les étapes d’acquisition de la morphosyntaxe de la LSF et d’en diagnostiquer les déficits, j’ai analysé les noyaux syntaxiques et ai cherché à décrire autrement ces constructions prédicatives d’un point de vue linguistique. Dans la première partie de mon exposé, je présenterai les démarches et réflexions aboutissant à la description formelle de ces constructions (d’action, d’existence et d’attribution de propriétés). Cette classification s’appuie sur un système de traits formels (flottant/ancré, dynamique, orientation  et configuration) ainsi que sur des indices lexicaux et syntaxiques (unités lexicales, proformes, expressions faciales, pointages, regard). Lors de la deuxième partie, j’aborderai les problématiques rencontrées lors de l’élaboration des items de l’outil d’évaluation, notamment le choix des distracteurs.

16 mai 2017 :

Marie Kugler-Lambert, Sophie de Pontonx et Christiane Préneron (MoDyCo - UMR 7114 CNRS )

Savoir raconter : quelles compétences langagières ? L'exemple d'enfants tout venant et d'enfants souffrant de troubles des apprentissages

Savoir raconter est une compétence essentielle de tout locuteur et son développement chez l’enfant débute précocement puisque les premiers récits s’observent dès l’âge de 2ans (Régine Delamotte et Mehmet-Ali Akinci (dir.), Récits d’enfants. Développement, genre, contexte. PUR 2012). Pour autant, sa maîtrise ne va pas de soi et les façons de raconter sont révélatrices de la maturité linguistique mais aussi cognitive et affective de l’enfant. La compétence narrative orale est une compétence langagière fondamentale car elle engage une pratique quotidienne et soutient la compétence narrative écrite, élément d’importance dans le processus de socialisation de l’enfant. Mais cette compétence n’est pas « une », elle se diversifie selon le type de récit (d’expérience personnelle, de fiction...), les modalités de l’interaction (familiale/scolaire...) où il s’inscrit et pour pouvoir l’apprécier comme pour favoriser son développement, multiples sont les variables à prendre en compte.

Nombreux sont d’ailleurs les travaux qui ont interrogé son développement chez l’enfant examinant celui-ci en fonction de l’âge, du type d’étayage ou de la médiation éducative. En ce qui concerne le type de support, plus rares sont les travaux à avoir évalué son rôle sur l’actualisation de cette compétence dans la production narrative. C’est l’objectif que nous avons poursuivi en explorant cette compétence à partir de 2 supports différents, une BD d’une page et un texte lu à l’enfant, d’une page également, ceci en comparant les productions narratives d’une population « typique » : 163 enfants tout venant à celles d’une population atypique : enfants souffrant de troubles d’apprentissage de la lecture (50) ou des mathématiques (22).

En nous plaçant d’un double point de vue langagier, celui de la construction du sens dans l’enchaînement des énoncés et celui interactionniste de la clarté discursive pour l’ interlocuteur auquel le récit est adressé, nous avons analysé la compétence narrative de ces jeunes enfants en considérant les différents niveaux de cette compétence. 4 niveaux interdépendants ont fait l’objet de nos analyses :

  1. La structure de figuration : combien de personnages et comment sont-ils introduits ?
  2. Le maintien de la continuité référentielle : clarté ou ambiguïté des reprises ?
  3. Les évènements centraux correspondant au scénario minimal de l’histoire.
  4. Le niveau de l’explication qui justifie l’enchaînement des événements (correspondant ici à la motivation émotionnelle des personnages).

L’objectif final a été de comparer la maîtrise de chacun de ces niveaux selon l’âge des enfants (point de vue développemental) et leur catégorie d’appartenance (point de vue transversal) pour ensuite les mettre en relation afin de définir de possibles profils narratifs. Nous vous présenterons les résultats obtenus en vous faisant part des interrogations voire du débat qu’ont suscités nos grilles d’analyse et en en proposant les liens possibles avec la pratique orthophonique.

13 juin 2017 :

Olivier Baude

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Imprimer E-mail