Séminaire doctoral de MoDyCo

Séminaire doctoral 2016-2017

Mardi, 11h-13h, bâtiment W (Max Weber), salle 1 (Rdc), Université Paris Ouest Nanterre

(organisé par Frédéric Isel et Julie Lefebvre)

Cette année, le séminaire aura lieu les mardis suivants : 

Programme

 

18 octobre 2016

Cette séance sera suivie d'un pot de rentrée qui aura lieu bâtiment A, salle 407.

Marianne Doury (IRISSO, Equipe LCP, UMR 7170, CNRS-Dauphine)

L'accusation d'amalgame et son réinvestissement diaphonique dans les discours de la "nouvelle droite".

Ce travail rentre dans le cadre d'une orientation de mes recherches en place depuis de nombreuses années, qui consiste à se pencher sur la composante évaluative de la compétence argumentative ordinaire — c'est-à-dire sur ce qui guide les locuteurs lorsqu'ils déclarent qu'une argumentation est "bonne" ou "mauvaise". J'ai mené cette réflexion en prêtant attention aux termes "méta" que les locuteurs utilisent pour catégoriser (et évaluer) les procédés argumentatifs à l'œuvre dans les échanges dans lesquels ils sont impliqués. J'ai publié en 2003 [voir lien ci-dessous] un article sur l'utilisation du mot "amalgame" pour catégoriser et disqualifier le discours de l'adversaire. Je me suis intéressée récemment à un nouvel usage du terme jouant sur une reprise diaphonique, usage qu'on trouve dans les discours qu'on peut qualifier rapidement de droite (dure) et qui a fleuri depuis les attentats de 2015 (même s'il existait auparavant, mais de façon moins visible). Il s'agit de considérer que l'injonction "il ne faut pas faire d'amalgame" est caractéristique d'une gauche bien pensante et angéliste qui refuse de voir que le terrorisme (et plus largement tous les problèmes de la France) sont le fait des musulmans ; "pas d'amalgame" repris diaphoniquement (et marqué parfois par une graphie spécifique, qui montre qu'il ne s'agit pas d'un "usage" mais d'une "mention" : PADAMALGAM) sert à disqualifier en bloc le discours de ceux qui invitent à ne pas assimiler la religion musulmane et le terrorisme, par exemple.

Voir : M. Doury (2003), "L'évaluation des arguments dans les discours ordinaires. Le cas de l'accusation d'amalgame", Langage et Société, 105, 9-37. Article disponible en ligne à l'adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-langage-et-societe-2003-3-page-9.html

Christian Plantin (ICAR, CNRS ; Université Lyon 2 ; Ecole Normale Supérieure de Lyon)

Pourquoi un dictionnaire de l'argumentation ? 

Voir : C. Plantin (2016), Dictionnaire de l'argumentation. Une introduction aux études d'argumentation, Lyon, ENS Editions.

22 novembre 2016 :

séance annulée

17 janvier 2017 :

Jacqueline Authier-Revuz (CLESTHIA - Université Sorbonne Nouvelle)

Le « même » au risque de ses recontextualisations – avatars sémantiques de la citation littérale

Si une séquence de langue (« type », abstraite) peut être répétée identique à elle-même, l’événement – où se produit le sens – de son énonciation échappe, lui, radicalement, dans la singularité de sa concrétude, à la reproduction à l’identique : dès lors que le dire est en jeu, le même du « re » se déplace vers de l’autre.

Ce fonctionnement du « langage en contexte » s’exerce de façon privilégiée dans le champ de la « représentation du discours autre » (RDA), ou « discours rapporté », caractérisable comme articulation – métalangagière – de deux actes d’énonciation : l’un, en cours, effectif, A dont l’énoncé E, produit dans un Contexte donné (co-énonciateurs L-R, temps, lieu, infinité de données…), représente (« parle de ») un acte a, distinct de A, réel ou fictif, constitué par un énoncé e, produit dans son contexte (co-énonciateurs l-r, temps, lieu, infinité de données…).

Tout énoncé E de RDA met donc en jeu deux contextes de statuts différents : celui C,factuel, de son énonciation, dans lequel il se produit et trouve son sens ; celui, c, de e(a) qui n’y apparaît qu’à travers la représentation qu’en donne E. Ainsi, fût-elle reproduite à l’identique dans une forme de RDA comme le DD qui, par l’autonymie, permet (mais n’implique pas) une reproduction littérale, une chaîne « e » est soumise, dans le E(A) où elle se trouve mentionnée, à une double recontextualisation : 1) par représentation, verbale, et nécessairement sélective, du contexte de son énonciation en a, 2) par déplacement, de fait, dans le Contexte autre, verbal et non verbal, de E qui en conditionne le sens.

A travers des exemples de « DD littéraux » empruntés à des discursivités variées (conversations, textes médiatiques, écrits théoriques, littéraires…) on tentera de faire apparaître quelques uns des « agencements » entre « contexte représenté » (celui de e représenté en E) et Contexte d’accueil (celui de E, où « e » se trouve « déplacé »), selon lesquels, avec des enjeux politiques, idéologiques, théoriques, rhétoriques, esthétiques, subjectifs, le sens d’énoncés se donnant comme restitution transparente d’un élément inchangé, est mis en mouvement dans cette dynamique de la double recontextualisation.

On parcourra notamment des figures de recontextualisation caractérisables en termes (a) de pondération ou de prégnance relative des contextes représentés/d’accueil, (b) de similitude entre les deux plans :

(a) – insistance voire emphase vs faiblesse de la représentation de contexte ; faiblesse-défaut livrant l’énoncé à l’emprise perturbatrice d’un Contexte d’accueil ou faiblesse-créative libérant les énoncés de leurs attaches contextuelles ; force – ou violence – notamment générique du Contexte d’accueil ;

(b) – effet conjugués des deux contextualisations ; effet de miroir entre les deux contextes permettant que le « e » de mention de parole de l à r, en a, se redouble, indirectement, d’un e dit par L à R.

Autant de cas qui – montrant l’emprise sur le sens de l’élément cité – questionnent la conception du DD où L « cède la parole » à lL qui, certes, « s’irresponsabilise » par un « je cite » le temps du « e », est pleinement l’énonciateur de E et, en E, de l’autonyme « e », et partie prenante dans les aventures du sens qu’il connaît.

Eléments bibliographiques

Authier-Revuz J. (2001), « Le discours rapporté », dans R. Tomassone (éd.), Une Langue : le français, Hachette, coll. Grands Repères culturels, p. 192-201.

Authier-Revuz J. (2003), « Le Fait autonymique : Langage, Langue, Discours – Quelques repères », in Authier-Revuz J., Doury M., Reboul-Touré S. (eds.), Parler des mots – Le fait autonymique en discours, PSN, Paris, p. 67-95.

Authier-Revuz J. (2004), « La représentation du discours autre : un champ multiplement hétérogène », in López-Muñoz J.-M., Marnette S., Rosier L. (eds), Le discours rapporté dans tous ses états : question de frontières, L’Harmattan, Paris, p. 35-53.

Tuomarla U. (2000), La Citation mode d’emploi, Sur le fonctionnement discursif du discours rapporté direct, Academia Scientiarum Fennicæ, Helsinki, 249 p.

Yoshiko Suto (Université de Nihon, Tokyo, chercheure invitée au laboratoire Modyco)

L’étendue du discours rapporté en japonais, à travers son marqueur "to" citatif

La construction du discours rapporté en japonais se constitue d’une proposition citative accolée à la particule "to", marqueur du discours rapporté que l’on appelle "to" citatif et d’un verbe de communication. Cette forme canonique paraît, à première vue, correspondre à celle du discours indirect en français. Mais cette ressemblance est trompeuse. L’énoncé (1), par exemple, peut avoir deux traductions françaises : l’une correspondant au discours direct et l’autre au discours indirect. Moins canonique mais tout aussi fréquente que cette forme-là, la proposition citative accolée à "to" citatif peut être suivie d’un verbe qui n’est pas un verbe de communication, comme en (2) où l’énonciateur cité n’est pas pour le moment identifié. Quant à l’oral, la proposition citative peut n’être suivie d’aucun verbe, comme en (3) où le l’énonciateur prend de la distance par rapport à sa propre énonciation.

(1)        Taro wa kimi ga suki da to itta.

--- TH toi SUJ aimer COP to dire.ACC

(a) Taro a dit : ''Je t'aime'' ; (b) Taro a dit qu'il t'aimait.

(2)        「Gomenkudasai」to doa ga aita.

bonjour to porte SUJ s'ouvrir.ACC

(traduction littérale) "Bonjour" La porte s'est ouverte.

(3)        Sate, sorosoro oitomashi mashot-to.

bon bientôt se-retirer COP-POL.VOL.to

Bon, permettez-moi de me retirer.

Le discours rapporté en japonais recèle de nombreux phénomènes qui ne trouvent pas d’équivalents en français. Est-ce que l’on peut les appréhender avec des critères habituels du discours rapporté comme la distinction entre discours direct et indirect ?

Cette communication tiendra compte de la diversité des faits linguistiques concernant l’introduction d’un énoncé à l’intérieur d’un autre, au moyen de "to" citatif, afin de mettre en lumière le fonctionnement du discours rapporté en japonais.

Eléments bibliographiques :

Yoshiko Suto (2008), Une forme d'auto-objectivation - Étude du discours rapporté en japonais : analyse de to, iu et to iu, Thèse soutenue à l’Université de Franche-Comté.

28 février 2017 :

Frédéric Landragin (LATTICE - ENS - UMR 8094 ) 

Annotation, analyse et identification automatique de chaînes de coréférences : des questions interdépendantes ?

Une chaîne de coréférences est une structure qui regroupe un ensemble d’expressions référentielles (ou mentions, ou maillons) désignant toutes la même entité extralinguistique. Chaque maillon peut être enrichi par des annotations linguistiques, et les différents maillons d’une chaîne peuvent être reliés par des relations, elles-mêmes annotées avec des interprétations linguistiques. En conséquence, il est difficile d’appréhender une telle structure et d’en tirer directement des analyses.

Nous présentons un ensemble de repères méthodologiques importants pour s’assurer qu’un corpus annoté en chaînes servira aussi bien de données pour nourrir un système d’apprentissage artificiel que de support fiable et complet pour des analyses linguistiques approfondies.

Nous précisons ainsi, pour ce phénomène linguistique particulier, les liens qui rapprochent linguistique théorique, linguistique de corpus outillée et traitement automatique des langues.

Adèle Désoyer (Modyco - CNRS UMR 7114 & Université Paris Nanterre)

Appariement d'articles en ligne et de vidéos dans un contexte industriel : Un système de recherche d'information répondant à un besoin complexe et flou

Ce travail de recherche s'inscrit dans un contexte industriel, dont le but est l'appariement d'articles en ligne et de vidéo d'information. L'entreprise partenaire est une place de marché mettant en relation des producteurs, diffuseurs et annonceurs, et leur propose une indexation de vidéos puis leur syndication sur des sites web.

Avant la naissance de ce projet de thèse, l'entreprise interrogeait un système externe pour rechercher automatiquement des vidéos pour les articles, mais cette solution s'est révélée peu performante. La problématique initialement formulée était donc de développer un système capable d'apparier pertinemment articles et vidéos dans un maximum de cas, pour minimiser autant que possible l'intervention humaine.

Pour répondre à cette demande d'automatisation, nous reconsidérons la problématique comme une tâche de recherche d'information (RI), application désormais classique mobilisant entre autres des méthodes de Traitement Automatique des Langues (TAL).

Le principal verrou de ce travail réside dans le fait que la collection de vidéos interrogée par le système est à la fois non-exhaustive et dynamique : en d'autres termes, un article soumis au système n'a pas nécessairement de vidéo associable en base, ou peut en avoir qui ne sont pas encore indexées ni même encore produites au moment de son traitement automatique. Or nous devons répondre à un besoin complexe, cherchant à intégrer une vidéo pertinente à un article si elle existe, sans toutefois rejeter une vidéo moyennement pertinente, que nous préférons voir intégrée à un article plutôt que de ne rien lui associer.

Plus théoriquement, ces travaux s'inscrivent dans le domaine du Topic Detection and Tracking, et s'inspirent notamment de la tâche de Link Detection qui doit déterminer si deux contenus médiatiques traitent du même sujet ou non. La difficulté de cette tâche réside dans la double contrainte du besoin d'information, exigeant à la fois une similarité thématique des contenus et une proximité temporelle.

Parallèlement à cela, le système doit satisfaire la demande économique d'intégrations vidéo, pour laquelle il faut trouver un juste équilibre entre pertinence de l'appariement et nécessité de résultat. Des méthodes d’apprentissage automatique sont ainsi mobilisées pour trouver des seuils de scores optimisant la réponse à ce besoin complexe.

4 avril 2017 :

Brigitte Garcia (SFL - UMR 7023 CNRS & Université Paris 8 )

Structuration sémantico-lexicale de LSF et questionnements sur le statut du « lexique » dans cette langue

Selon la perspective théorique que j’adopte, la LSF (les LS ?) dispose(nt) de deux grands modes linguistiques de production du sens : un mode du dire classique, qui manipule des unités lexicales (UL) d’un type en apparence peu éloigné de celui qui caractérise les UL de la langue vocale environnante, et un mode du dire original, qui donne en même temps à voir ce qui est dit et qui met en jeu, lui, des unités de format similaire mais non lexicalisées.

Dans ce cadre, je m’attacherai d’abord à montrer que les UL sont très éloignées de constituer le tout du lexique. A partir d’une étude récente sur les émergences lexicales en LSF, je suggèrerai l’existence d’une structuration sémantico-lexicale dense, articulée autour des composants-mêmes des « signes », lexicaux et non lexicaux. Puis j’illustrerai en quoi la présence dans la LS des moyens structurels du dire en montrant, associée à l’économie particulière de son lexique, fait de la conventionnalité qui définit les UL comme telles une caractéristique somme toute assez transitoire.

Lætitia Puissant-Schontz (Modyco - UMR 7114 CNRS & Université Paris Nanterre)

Les constructions prédicatives en LSF, description linguistique et développementale (Thèse en cours)    

Mes recherches portent sur la description des constructions prédicatives en LSF, communément appelées verbes. Ces constructions sont actuellement catégorisées en verbes directionnels et non-directionnels, verbes variables et invariables en proformes,  plus ou moins rigides, verbes spatiaux, verbes neutres, verbes à classificateurs, etc. Mais ces descriptions ont montré leurs limites et ne permettent pas d’évaluer finement ces verbes en fonction de la complexité de leur réalisation. Un des objectifs étant de créer un test de compréhension et de production pour connaître les étapes d’acquisition de la morphosyntaxe de la LSF et d’en diagnostiquer les déficits, j’ai analysé les noyaux syntaxiques et ai cherché à décrire autrement ces constructions prédicatives d’un point de vue linguistique. Dans la première partie de mon exposé, je présenterai les démarches et réflexions aboutissant à la description formelle de ces constructions (d’action, d’existence et d’attribution de propriétés). Cette classification s’appuie sur un système de traits formels (flottant/ancré, dynamique, orientation  et configuration) ainsi que sur des indices lexicaux et syntaxiques (unités lexicales, proformes, expressions faciales, pointages, regard). Lors de la deuxième partie, j’aborderai les problématiques rencontrées lors de l’élaboration des items de l’outil d’évaluation, notamment le choix des distracteurs.

16 mai 2017 :

Marie Kugler-Lambert, Sophie de Pontonx et Christiane Préneron (MoDyCo - UMR 7114 CNRS )

Savoir raconter : quelles compétences langagières ? L'exemple d'enfants tout venant et d'enfants souffrant de troubles des apprentissages

Savoir raconter est une compétence essentielle de tout locuteur et son développement chez l’enfant débute précocement puisque les premiers récits s’observent dès l’âge de 2ans (Régine Delamotte et Mehmet-Ali Akinci (dir.), Récits d’enfants. Développement, genre, contexte. PUR 2012). Pour autant, sa maîtrise ne va pas de soi et les façons de raconter sont révélatrices de la maturité linguistique mais aussi cognitive et affective de l’enfant. La compétence narrative orale est une compétence langagière fondamentale car elle engage une pratique quotidienne et soutient la compétence narrative écrite, élément d’importance dans le processus de socialisation de l’enfant. Mais cette compétence n’est pas « une », elle se diversifie selon le type de récit (d’expérience personnelle, de fiction...), les modalités de l’interaction (familiale/scolaire...) où il s’inscrit et pour pouvoir l’apprécier comme pour favoriser son développement, multiples sont les variables à prendre en compte.

Nombreux sont d’ailleurs les travaux qui ont interrogé son développement chez l’enfant examinant celui-ci en fonction de l’âge, du type d’étayage ou de la médiation éducative. En ce qui concerne le type de support, plus rares sont les travaux à avoir évalué son rôle sur l’actualisation de cette compétence dans la production narrative. C’est l’objectif que nous avons poursuivi en explorant cette compétence à partir de 2 supports différents, une BD d’une page et un texte lu à l’enfant, d’une page également, ceci en comparant les productions narratives d’une population « typique » : 163 enfants tout venant à celles d’une population atypique : enfants souffrant de troubles d’apprentissage de la lecture (50) ou des mathématiques (22).

En nous plaçant d’un double point de vue langagier, celui de la construction du sens dans l’enchaînement des énoncés et celui interactionniste de la clarté discursive pour l’ interlocuteur auquel le récit est adressé, nous avons analysé la compétence narrative de ces jeunes enfants en considérant les différents niveaux de cette compétence. 4 niveaux interdépendants ont fait l’objet de nos analyses :

  1. La structure de figuration : combien de personnages et comment sont-ils introduits ?
  2. Le maintien de la continuité référentielle : clarté ou ambiguïté des reprises ?
  3. Les évènements centraux correspondant au scénario minimal de l’histoire.
  4. Le niveau de l’explication qui justifie l’enchaînement des événements (correspondant ici à la motivation émotionnelle des personnages).

L’objectif final a été de comparer la maîtrise de chacun de ces niveaux selon l’âge des enfants (point de vue développemental) et leur catégorie d’appartenance (point de vue transversal) pour ensuite les mettre en relation afin de définir de possibles profils narratifs. Nous vous présenterons les résultats obtenus en vous faisant part des interrogations voire du débat qu’ont suscités nos grilles d’analyse et en en proposant les liens possibles avec la pratique orthophonique.

13 juin 2017 :

Olivier Baude

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

BIENVENUE sur la page du séminaire doctoral du laboratoire MoDyCo.

Séminaire 2015-2016

 

  • Cette année, les organisatrices du séminaire sont : Delphine Battistelli et Frédérique Sitri.
  • Cette page est en cours d'élaboration : toutes les informations concernant certains séminaires seront publiées prochainement.

 

****Mardi 10 Novembre 2015****

11h-13h, salle A304

Thème de la séance : Psycholinguistique (organisée par Frédéric Isel et Giulia Barreca)

 

Frédéric ISEL (Professeur, MoDyCo, Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

Électroencéphalographie (EEG) du traitement du langage : trois exemples d’étude 

Dans ma présentation, je commencerai par montrer comment les recherches sur le traitement du langage en psycholinguistique ont bénéficié de l’apport de la neurophysiologie au cours des trente dernières années, notamment par la mise en évidence de marqueurs électroencéphalographiques spécifiques de certains processus de traitement du langage. Puis, pour illustrer mon propos, je prendrai trois exemples d’études que je conduis actuellement dans le domaine de la psycholinguistique.

La première série de recherches expérimentales est centrée sur l’examen de l’organisation fonctionnelle du lexique mental. Elle a pour objectif principal d’examiner le rôle joué par la prosodie linguistique lors de la reconnaissance auditive des mots composés dans différentes langues se distinguant sur leur patron accentuel : Allemand, Français et Chinois Mandarin. Des données empiriques sont collectées à la fois en production (recherche des indices acoustico-phonétiques pertinents) et en perception (traitement des indices identifiés) dans le but de tester empiriquement les modèles psycholinguistiques postulant que la prosodie est l’un des facteurs déterminants pour faciliter l’accès au lexique mental.

Le second axe de mes recherches a pour objectif central d’étudier les processus de contrôle cognitif (fonctions exécutives) mis en œuvre lors du traitement d’une langue seconde. Ces processus ont pour fonction de limiter les transferts négatifs d’informations grammaticales de la langue dominante à la langue moins automatisée. Karin Heidlmayr, doctorante sous ma direction présentera un aperçu des travaux qu’elle conduit dans sa thèse de doctorat (soutenance prévue le 23 novembre prochain).

Enfin, j’évoquerai brièvement des études développées en collaboration avec l’équipe du professeur Chantal Henri à l’hôpital Henri Mondor de Créteil. Ces études visent à explorer la perception et la régulation des informations émotionnelles (dont la prosodie émotionnelle) chez des patients adultes atteints de troubles bipolaires. Une discussion pourra notamment s’engager sur la nature des structures linguistiques porteuses ou non d’informations sur la prosodie émotionnelle.

 

Karin HEIDLMAYR (Doctorant, Université Paris Descartes)

Les processus de contrôle cognitif et leurs bases neuronales dans le bilinguisme : données électroencéphalographiques

L’objectif principal de mes recherches est d’étudier la relation entre le bilinguisme et le contrôle exécutif général. Les recherches sur le bilinguisme en psycholinguistique ont montré que la co-activation permanente des langues ainsi que la nécessité de s’adapter à l’environnement linguistique impliquent des processus de contrôle général. Le besoin permanent d’un individu bilingue de contrôler les langues qu’il utilise régulièrement afin d’éviter des interférences grammaticales entre ces langues peut conduire dans certains cas à un renforcement des capacités de contrôle cognitif. Toutefois, la nature des processus de contrôle impliqués reste controversée. Trois de mes études ont examiné cette question au niveau neuronal chez des bilingues tardifs français-allemand. Différentes tâches expérimentales mettant en jeu un conflit cognitif ont été utilisées, les unes impliquant une composante linguistique (Stroop et amorçage négatif : Heidlmayr, Moutier, Hemforth, Courtin, Tanzmeister, & Isel, 2014 ; Heidlmayr, Hemforth, Moutier, & Isel, 2015 ; Aparicio, Heidlmayr, & Isel, en révision), et une autre impliquant une composante oculomotrice (tâche antisaccade ; Heidlmayr, Doré-Mazars, Aparicio, & Isel, soumis). L’approche électroencéphalographique permet de (1) tracer la dynamique de l’activité neuronale à la surface du scalp avec une haute résolution temporelle (de l’ordre de la milliseconde), et (2) reconstruire les générateurs neuronaux associées à cette activité. Les principaux résultats de mes travaux mettent en évidence une efficacité renforcée de la neurodynamique des processus de détection de conflit, de gestion de conflits et d’inhibition chez les bilingues, ainsi qu’une plus grande interaction entre les régions corticales impliquées dans le contrôle cognitif chez les bilingues que chez les monolingues. En outre, nous avons montré que différents facteurs linguistiques individuels inhérents au bilinguisme, i.e. la fréquence d’utilisation quotidienne de la seconde langue (L2), le niveau de compétence dans la L2 et l’expérience d’immersion en L2 modulent le contrôle exécutif. Prises dans leur ensemble, nos observations corroborent l’hypothèse d’une implication de processus de contrôle général dans le bilinguisme et révèlent des capacités d’adaptation neuroplastique en lien avec certaines contraintes linguistiques dans le cerveau bilingue.

 

****15 décembre 2015****

 

 

****Mardi 19 janvier 2016****

 

Séance "Corpus et didactique des langues" (organisée par Ilaine Wang)

 

Angela Chambers (professeur émérite, Université de Limerick, Irlande)

Les corpus et l'apprentissage des langues: défis et enjeux

Résumé : Les chercheurs dans le domaine des corpus et l'apprentissage des langues soulignent l'énorme potentiel des corpus comme ressource pour enseignants et apprenants. Beaucoup d’entre eux publient des études des résultats de la consultation des corpus par leurs étudiants et décrivent aussi les réactions des apprenants à cette nouvelle ressource. Cependant, malgré le nombre croissant de telles études, il semble bien que cette pratique soit limitée aux enseignants qui sont aussi des chercheurs dans ce domaine. La question se pose donc de savoir comment réduire l’écart entre la recherche et la pratique et encourager une application plus large par des professeurs qui ne sont pas des experts dans la matière.

 

Cristelle Cavalla (MCF, DILTEC / Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle)

Un corpus pour l'enseignement des routines langagières en FLE

Résumé : Notre propos se situe autour de la question maintes fois débattue : comment peut-on faire entrer les corpus en classe de langue (Boulton and Tynes, 2014; Chambers, 2007; Fligelstone, 1993; Johns, 2002) ? Grâce aux « routines langagières », nous montrerons plusieurs tentatives didactiques d’introduction des corpus en classe de FLE. Nous présenterons des exemples d’activités développées via le corpus Scientext pour l’aide à l’écrit scientifique auprès d’étudiants allophones dans les universités françaises.

 

 

****Mardi 9 février 2016****

11h-13h, salle A406

Thème de la séance : La modalité : analyses en corpus (organisée par Delphine Battistelli) 

 

Paola Pietrandrea (Laboratoire LLL-Université de Tours)

L’annotation des constructions épistémiques dans un corpus d’interactions orales. Le projet MODAL

 Dans ma contribution je présenterai les résultats préliminaires de MODAL, un projet de la MSH du Val de Loire, qui vise à identifier, à annoter et à étudier les constructions épistémiques caractérisant les interactions orales du français, de l'anglais et de l'italien. En particulier: (i) je décrirai la construction - guidée par les corpus - du cadre théorique qui a permis de rendre compte de la totalité des constructions épistémiques repérables dans le discours oral dialogique; (ii) je proposerai une description formelle de la structure et des fonctions des constructions épistémiques; (iii) j’illustrerai la démarche méthodologique utilisée pour implémenter un schéma d’annotation manuelle de la modalité épistémique; (iv) je présenterai les premiers résultats fournis par l’analyse linguistique du corpus annoté.

 

Udo Mai (Laboratoire MoDyCo - Université Paris Ouest Nanterre La Défense / Université de Potsdam)

Les manifestations complexes de la modalité : modalité et contexte

Lorsque le sens modal d’un énoncé est exprimé par plusieurs éléments modaux, ceux-ci peuvent se comporter de plusieurs façons : soit l’un des éléments prévaut sur un autre et le domine sémantiquement, soit les éléments sont à égalité. La question est, ensuite, si ces éléments porteurs de modalité se complètent simplement, ayant pour résultat une combinaison de leurs significations originales, ou bien s’ils constituent un nouvel sens modal, plus complexe ou simplement différent, qui ne peut pas être déduit des implications logiques des éléments de base. Comment la signification et la fonction modales sont-elles reparties entre les éléments d’une telle structure ? La combinaison de plusieurs constituants modaux, est-elle utilisée exprès pour remédier à la polysémie typique des éléments modaux ou pour déclencher des significations différentes, par exemple évidentielles ? Cette recherche permet en plus d’évaluer si le résultat de l’interférence de plusieurs éléments modaux dépend de leur forme ou de leur signification. 

 

****15 mars 2016****

****12 avril 2016****

****17 mai 2016****

 

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