A propos

 

 Créé en janvier 2001 par le CNRS et l’Université Paris X, le laboratoire Modèles, Dynamiques, Corpus (MoDyCo) UMR 7114 fut placé en 2006 sous la triple tutelle du CNRS, de l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense et de l’Université Paris Descartes. En 2009, la réduction à une double tutelle au maximum a conduit à mettre en place une convention entre l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et l’Université Paris Descartes. Le laboratoire est donc adossé à deux Écoles Doctorales, l’ED139 « Connaissance, Langage, Modélisation » de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et l’ED180 « Sciences humaines et sociales : cultures, individus, société » de l’Université Paris Descartes.

Le laboratoire a initialement inscrit son activité dans la continuité thématique et méthodologique de la recherche linguistique menée à l’Université Paris 10 depuis plusieurs décennies. Centré sur la linguistique française, sans pour autant exclure a priori l’étude d’autres langues, cet axe thématique est marqué par une approche empirique qui étaye les analyses linguistiques sur un socle descriptif solide prenant en compte la réalité des usages, qu’ils soient conversationnels, discursifs ou textuels. C’est donc sur la base de corpus de tous ordres et de toutes dimensions que sont proposées des analyses et des modélisations linguistiques s’inscrivant dans divers cadres théoriques modernes.

En 2006, l’intégration du LEAPLE (ex UMR 8606, CNRS–Université Paris Descartes) a permis de donner une nouvelle ampleur aux recherches en acquisition ­— normale et pathologique —, en apprentissage précoce — en milieu familial ou scolaire — et en apprentissage de langue seconde.

En 2009, des enseignants-chercheurs en Sciences de l’Information et Communication ont rejoint le laboratoire.

Les thématiques de recherche suivies par le laboratoire se déclinent selon trois grandes options : la perspective modélisatrice, la perspective «dynamiques» et la perspective liée aux corpus.

1) La perspective modélisatrice concerne au premier chef les recherches phonologiques, morphologiques, syntaxiques et sémantiques, ainsi que les travaux de formalisation en traitement automatique des langues : c’est l’objet des recherches menées par l’équipe « Grammaires ». L’équipe « Activité langagière » est quant à elle concernée par les thématiques pragmatiques, discursives, textuelles et celle des formes symboliques. La perspective modélisatrice se donne comme programme de recherche la description explicite et formalisée des langues, description qui se réalise par la définition et l’exploration de différents plans organisationnels du langage (à tout le moins : phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique) et par la découverte des relations de dépendance et d’autonomie entre ces plans. Le point de convergence théorique se formule comme la non unicité du langage, d’où découle son caractère structurellement hétérogène.

2) La perspective « dynamiques » s’organise en deux équipes : l’équipe « Dynamiques des acquisitions » et l’équipe « Dynamiques des usages ». La première est concernée par les thématiques d’acquisition de langue maternelle ou seconde, normale ou pathologique, en milieu familial ou scolaire, ainsi qu’en didactique. La seconde est concernée par les thématiques sociolinguistiques et sociostylistiques, par les problèmes liés à la variation, par les spécificités de l’oral et par les rapports à la norme.

3) Transverse, la perspective liée aux corpus, bien que spécifique aux recherches en linguistique textuelle, diachronique ou discursive, et en linguistique de l’écrit, concerne également les autres perspectives de recherche en tant que méthodologie d’appui. L’étude des corpus en situation montre en effet que le lexique, la morphologie, la syntaxe, ainsi que la manière dont se posent les problèmes sémantiques de l’ambiguïté et de l’implicite varient avec les genres et les discours, à l’oral comme à l’écrit. Pour parvenir à des traitements automatiques spécifiques et efficaces de corpus, il convient donc de spécifier les fonctionnements propres aux différents discours et genres textuels afin d’y adapter les stratégies. De plus, la typologie textuelle peut fournir de nouvelles données à la morphologie et à la syntaxe. Bref, l’étude des normes d’usage complète utilement celle des règles et permet de préciser leurs conditions d’application.

L’analyse de grands corpus intervient alors tant dans la formulation des hypothèses que dans la recherche d’exemples ou de variations. On découvre à l’intérieur d’une même langue des normes de portées et de niveaux différents (de discours, de genres, de styles) : le statut même de l’empirique est en train de changer. Le laboratoire MoDyCo s’inscrit résolument dans cette modernité, au plan empirique comme au plan théorique. La constitution de corpus informatisés de données orales associée à des techniques nouvelles d’étiquetage et de pré-analyse, autorisant des traitements à grande échelle, permet ainsi des avancées dans la validation des hypothèses sur le rôle respectif de différents niveaux d’analyse et d’organisation de la langue, et engage à modifier le rapport entre théorie et pratique.

Membre de l'Institut de Linguistique Française (ILF, Fédération CNRS), le laboratoire entretient de nombreuses collaborations avec des équipes françaises CNRS et universitaires et participe à des opérations internationales contractualisées.
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