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Composante Dynamiques

on 18 juillet 2009.

Responsables : Françoise Gadet & Christophe Parisse

Présentation générale de la composante

On opposait naguère deux façons de faire de la linguistique, modélisation et formalisation vs exploration du savoir et du fonctionnement d’un locuteur. La notion de corpus a largement modifié une telle vision des choses, mais il reste quelque chose de l’opposition dans l’existence d’une perspective tournée vers l’agent usager du langage et des langues, ses savoirs, ses pratiques, ses stratégies, ses modes d’acquisition et de fonctionnement (ou dysfonctionnement) dans les usages ordinaires ou plus exceptionnels.
C’est dans une telle perspective que s’inscrit le secteur Dynamiques, qui traite des liens que le locuteur entretient avec la langue, dans ses relations avec le monde et les propos d’autrui dans la diversité des situations interlocutives. Les corpus que nous constituons, qui permettent de documenter ces acquisitions et ces usages, sont crucialement situés, produits par des agents parlants bien particuliers, interagissant avec d’autres agents, dans des situations identifiables. Et donc leurs conditions de recueil font autant que leur exploitation l’objet d’une grande attention.

Le secteur Dynamiques insiste sur l’hétérogénéité constitutive des pratiques langagières, liées d’abord au fait que les locuteurs ne vont pas de la langue à une mise en mots conforme à des usages, mais de situations discursives à l'appropriation de différentes sortes de mises en mots. Hétérogénéité due également au fait que la langue est au mieux une construction stabilisée du linguiste, quand le locuteur/auditeur concret est confronté à des pratiques discursives dont les différents niveaux, tant au plan formel qu’aux plans conceptuel et fonctionnel, sont soumis à la double pression de l’évolution (synchronie dynamique) et de l’identification ou des normes. 
Les travaux portent autant sur les processus et la structure des évolutions (grammaticalisation, lexicalisation, complexifications acquisitionnelles, divergence et convergence) que sur les facteurs des dynamiques linguistiques en jeu (zones de fragilité interne, poussées externes des contraintes communicatives, contact avec des langues ou des variétés autres). En effet, le secteur insiste sur le fait que les langues, pas plus que les variétés, les pratiques langagières, les savoirs ou les cultures, ne sont étanches les unes aux autres et que les contacts sont l’un des moteurs des dynamiques linguistique et langagière.

C’est pourquoi on présentera le secteur Dynamiques des langues dans ses deux composantes complémentaires que sont les dynamiques des acquisitions et les dynamiques des usages (plus proches de la psychologie pour la première composante, de la sociologie ou de l’ethnologie pour la seconde), même si la porosité de la frontière se lit à la circulation de chercheurs entre les deux équipes, de même qu’à l’existence de projets inter-équipes. On ne s’étonnera pas alors de trouver, à côté d’opérations de recherche propres à chacune, des opérations communes aux deux équipes. Enfin, dans la mise en relations entre la langue comme appropriation des locuteurs et l’objet qu’ils se construisent et peuvent dès lors manipuler, comme d’autres formes de savoirs, il était important de mettre en relations, dans des opérations trans-secteurs, les dynamiques langagières et les modèles linguistiques et/ou discursifs.

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